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François Bayrou / Photo Nicolas Kovarik - European Commission - Wikipédia
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Edito

François Bayrou : l’inéluctable conclusion

Comme Michel Barnier avant lui, François Bayrou, Premier ministre, se trouvait dans l’impasse. Les prochains jours le confirmeront et le jeu de dupes n’est sans doute pas fini.

Le scénario se met en place : il était attendu, prévisible voire inévitable. Ainsi, François Bayrou n’aura-t-il pas trouvé la formule magique. Avec près de quarante semaines passées à l’Hôtel Matignon, il aura dépassé de six mois l’intérim de son éphémère prédécesseur Michel Barnier. Face à un paysage politique explosé et une assemblée chaotique, ses heures étaient évidemment comptées.

Une attitude paradoxale et tardive

Tout juste pourra-t-on lui accorder le mérite d’avoir voulu s’attaquer à la dette- ce qui est la moindre des choses. Mais plutôt que d’affronter les causes du mal français, le Premier ministre n’aura pu s’empêcher de recourir aux traditionnelles ficelles. Plutôt que de s’attacher à réduire drastiquement le train de vie d’un état obèse, il aura préféré, à l’image de ses devanciers, user de la taxe et recourir à l’impôt. Or, dans ce domaine, aujourd’hui, la coupe est pleine. Les Français, confrontés à un niveau de vie en baisse et légitimement inquiets pour leur avenir, n’en peuvent plus.

En se faisant hara-kiri, François Bayrou tentera sans doute d’endosser les habits du chevalier blanc. C’est assez paradoxal, tout de même, pour un homme qui, durant les dix dernières années, a voté sans la moindre nuance tous les budgets présentés par les gouvernements successifs ; pour un homme politique dont la longue carrière symbolise à elle seule les jeux d’appareil, les compromis et l’ambition personnelle.

A qui le tour ?

François Bayrou s’en retournera à Pau, au pied des Pyrénées, où il n’est sans doute pas un mauvais maire. Et selon toute vraisemblance, Emmanuel Macron, qui cherche  à gagner du temps plutôt qu’à résoudre les problèmes, appellera un nouveau Premier ministre à Matignon. Après avoir vainement usé deux personnalités issues du bloc central, il pourrait être tenté de choisir un homme de gauche et de l’envoyer ainsi au casse-pipe. Olivier Faure se verrait bien dans le rôle  et le nom de Bernard Cazeneuve est aussi murmuré, comme à chaque fois.

A moyen terme, une nouvelle dissolution de l’assemblée nationale paraît toutefois inexorable. Car un an et demi nous sépare encore de l’élection présidentielle et le grand bazar, à coup sûr, va se poursuivre au cours des prochains mois.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud

 

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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