Le scénario se met en place : il était attendu, prévisible voire inévitable. Ainsi, François Bayrou n’aura-t-il pas trouvé la formule magique. Avec près de quarante semaines passées à l’Hôtel Matignon, il aura dépassé de six mois l’intérim de son éphémère prédécesseur Michel Barnier. Face à un paysage politique explosé et une assemblée chaotique, ses heures étaient évidemment comptées.
Une attitude paradoxale et tardive
Tout juste pourra-t-on lui accorder le mérite d’avoir voulu s’attaquer à la dette- ce qui est la moindre des choses. Mais plutôt que d’affronter les causes du mal français, le Premier ministre n’aura pu s’empêcher de recourir aux traditionnelles ficelles. Plutôt que de s’attacher à réduire drastiquement le train de vie d’un état obèse, il aura préféré, à l’image de ses devanciers, user de la taxe et recourir à l’impôt. Or, dans ce domaine, aujourd’hui, la coupe est pleine. Les Français, confrontés à un niveau de vie en baisse et légitimement inquiets pour leur avenir, n’en peuvent plus.
En se faisant hara-kiri, François Bayrou tentera sans doute d’endosser les habits du chevalier blanc. C’est assez paradoxal, tout de même, pour un homme qui, durant les dix dernières années, a voté sans la moindre nuance tous les budgets présentés par les gouvernements successifs ; pour un homme politique dont la longue carrière symbolise à elle seule les jeux d’appareil, les compromis et l’ambition personnelle.
A qui le tour ?
François Bayrou s’en retournera à Pau, au pied des Pyrénées, où il n’est sans doute pas un mauvais maire. Et selon toute vraisemblance, Emmanuel Macron, qui cherche à gagner du temps plutôt qu’à résoudre les problèmes, appellera un nouveau Premier ministre à Matignon. Après avoir vainement usé deux personnalités issues du bloc central, il pourrait être tenté de choisir un homme de gauche et de l’envoyer ainsi au casse-pipe. Olivier Faure se verrait bien dans le rôle et le nom de Bernard Cazeneuve est aussi murmuré, comme à chaque fois.
A moyen terme, une nouvelle dissolution de l’assemblée nationale paraît toutefois inexorable. Car un an et demi nous sépare encore de l’élection présidentielle et le grand bazar, à coup sûr, va se poursuivre au cours des prochains mois.
Marc François













C’est la valse à mille temps…