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Amaia Floch, étudiante en Licence Information Communication à l'UCA, a fait partie de l'équipe de "Carte d'étudiant" pour 7 Jours à Clermont.
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Etudiants clermontois : qu’ont-ils fait durant cette longue période sans cours ?

Si l’annonce de la fermeture des universités et du confinement a pu réjouir certains étudiants, un sentiment d’inquiétude s’est ensuite emparé d’eux. Nul ne savait de quoi la suite allait être faite. Immersion au cœur du périple qu’ont vécu les étudiants de l’Université Clermont Auvergne.

« Ce ne sont pas des vacances », c’est la dure réalité qu’admet Léa Cérès lorsque je lui demande comment elle a réagi à l’annonce de la fermeture des universités. Sans doute certains étudiants ont-ils ressenti une part de soulagement à l’annonce de la fermeture des universités. Mais ce sentiment s’est vite transformé une une légitime inquiétude. « J’ai pensé aux événements avec le bureau des étudiants et le gala de fin d’année» avoue Ève Poly, une étudiante impliquée dans la vie étudiante de sa licence LEA (Langues Etrangères Appliquées). Une inquiétude fortement partagée par les parents soucieux de voir leurs enfants éloignés et préoccupés par ce virus inconnu et dangereux, sans oublier le confinement et les règles à suivre. « On en parle avec les amis pour voir ce qu’ils vont faire, on échange par rapport à la fac ». Et puis de la peur, car comme Axel Renaudinau, des étudiants font aussi partie des personnes à risques et ça inquiète sur le futur.

Léa Céres.

Un lien privilégié   

En ce qui concerne la fac, justement, tous avouent avoir été satisfaits, dans la globalité, de l’accompagnement reçu : «J’imagine qu’ils ont fait comme ils peuvent » confesse Amaïa Floch lorsque je la questionne sur le lien qu’elle a conservé la fac. Les professeurs eux aussi ont fait face à une situation inédite. « Ça a laissé place à une relation privilégiée avec eux, ils étaient attentifs et disponibles » confie Baptiste Vlaj, étudiant en communication. Propos appuyés par ceux de Valentin Royon qui parle d’échanges par Skype ou appel téléphonique. Toutefois, cette situation ne semble pas avoir été similaire pour tous, certains, en effet, avouent avoir rencontré des problèmes pour communiquer : « Les professeurs ne nous répondaient pas tout le temps, et la fac a communiqué sur nos partiels après la date prévus, on était perdu le temps que tout se mette en place. On a même une professeur qui n’a donné aucun signe depuis la fermeture. »

Le stress en moins

Ève Poly.

Les partiels, sujet phare de cette interview puisque la fac a fermé juste avant la fin du second semestre. Alors bien-sûr ici aussi, il a fallu s’adapter. Sous impulsion ministérielle, ils se sont donc déroulés en ligne dans la mesure du possible, et des cours sont passés en contrôle continu pour faciliter le rendu. La majorité avoue avoir apprécié le challenge « J’avais déjà un peu commencé à réviser”  me dit Léa “mais c’était très agréable de pouvoir prendre son temps, revenir sur le sujet plus tard après y avoir beaucoup travaillé, on prend plus le temps de peaufiner les détails. On est plus fiers de notre travail. » Pourtant, ce n’est pas l’avis des adeptes de la procrastination qui affirment, en rigolant, préférer un cadre surveillé pour éviter de s’éparpiller.  Le problème subsiste cependant : la reconnaissance de leur diplôme, « c’est notre dernière année et quelle valeur vont avoir des partiels fait à la maison ? » se demande Amaïa. Voilà une question qui reste encore en suspens.

Une rentrée abordée avec lucidité

La rentrée est envisagée d’un point de vue très lucide par les étudiants. « Il est certain qu’on devra respecter des normes comme celles que l’on trouve dans les supermarchés aujourd’hui. »  Malgré un retour en classe particulier envisagé par les autorités, certains évoquent encore une possible rentrée à distance. Elle n’aurait pas la faveur des élèves. « La fac, ce n’est pas que les cours et les diplômes, c’est aussi un campus avec une vie associative et étudiante importante à reprendre » affirme Valentin. Cependant, si une rentrée basique est vivement souhaitée, des alternatives comme des rentrées « mixtes » sont envisagées : moitié à l’université, moitié cours en ligne. Ce qui est sûr, c’est que les masques en amphithéâtre « ça va être clairement impossible » et c’est dit à l’unanimité.

6 mois, comment s’occuper ?  

Baptiste Vlaj.

Travail, travail et encore travail. Les étudiants interrogés comptent bien mettre à profit ce temps qui leur est donné, même s’il leur paraît extrêmement long. Beaucoup profitent de ce temps pour se recentrer sur eux-mêmes à l’image de Baptiste et Valentin. « Le confinement m’a permis d’apporter une grande réflexion sur moi-même et mon orientation » avoue l’un, « J’ai pu organiser la suite, d’ailleurs j’ai un stage qui commence à la fin du mois, ça permet de se poser » m’explique l’autre. S’arrêter un instant et prendre le temps d’améliorer ses acquis culturels : indispensable pour Eve qui a préparer une grande liste de livre à lire.  « C’est long six mois ! Et même si je travaille, je veux essayer de mettre à profit ce que j’ai appris dans ma licence, réaliser du graphisme pour mon travail par exemple.  Je n’ai pas envie de perdre la main » précise Léa, quelque peu préoccupée par ce temps sans instructions. Pendant ce temps-là, d’autres, comme Axel, choisissent de préserver leur santé en attendant de voir comment la pandémie évolue : « c’est la saison des allergies, alors je me protège ».

 

 

 

À propos de l'auteur

Estelle Matarin

Estelle Matarin

Etudiante en deuxième année de communication à Clermont-Ferrand, Estelle Matarin est originaire de la région toulousaine. Passionnée par la culture anglo-saxonne, le voyage et la découverte des cultures elle est « tombée » dans l’écriture suite à un engouement fort pour la lecture. La pop-culture cinématographique et musicale rythme ses journées. Durant ces dernières années, elle s’est intéressée au monde du digital notamment au travers des réseaux sociaux mais également des blogs. Elle a pour projet l’ouverture d’une page Instagram et la réouverture prochaine d’un blog sur la découverte culturelle.

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