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Coralie et sa petite famille s'équipent.
Environnement Vie publique

Echo-quartier, une opération de nettoyage – renouvelable – lancée par Les Enfants Prodiges

Tous les derniers samedis du mois - et ce jusqu'à fin août - se tient sur l'agglomération une opération de nettoyage de l'espace public. Intitulée Echo-quartier, et à l'initiative de Marie-Hermine Raes, intervenante dans l'association les Enfants Prodiges. Une façon ludique de sensibiliser le public à l'environnement tout en éduquant à la réduction des déchets sauvages.

Rue des Hauts de Chanturgue, ce samedi 24 avril, le soleil est au zénith. Sur l’esplanade, de petits groupes se forment. C’est ici qu’est fixé le point de ralliement d’Echo-quartier, une opération de nettoyage planifiée le dernier samedi de chaque mois. Pour la coordonner, Marie-Hermine Raes, organisatrice de cette journée éco-citoyenne. Elle est épaulée par son mari, Anas Dadir, entrepreneur dans le secteur audiovisuel. Le couple est très investi dans le tissu associatif et économique de Croix-de-Neyrat depuis le retour d’Anas dans son quartier natal, en 2017, après un beau parcours sur Paris. A l’été 2020, ce créatif autodidacte ouvre un centre d’éducation ludique, les Enfants Prodiges. Un projet qu’il avait en tête. Accéléré par les demandes de familles confrontées à l’enseignement distanciel du premier confinement. Depuis deux ans, Marie-Hermine se consacre, elle, à des activités en lien avec le développement durable. Un café associatif (1), une structure d’initiation au DIY(2). Actuellement, elle est en formation pour créer son entreprise dans le zéro déchet.

Catalina et Vanessa en plein nettoyage.

En famille, mais pas que

La première s’est tenue en mars dernier. Une réussite. Pour cette seconde journée, c’est au compte-goutteset en tenue estivale , qu’arrivent les participants. Deux familles avec enfants en bas âge, dont une déjà impliquée dans le nettoyage des espaces naturels. Coralie, la mère, d’indiquer : “on connaissait l’opération. On est en contact avec Anas et Marie-Hermine.” Le nettoyage ? “On en fait en dehors. Tout seuls. En forêt. On nettoie.” Sur demande des enfants. “Notre fille aînée avait envie de créer ce genre d’initiative. On lui a dit, tu vois, ça existe. On va le faire ensemble.” Egalement sur place, des jeunes. Etudiants pour la plupart. Venues ensemble, Camilla et Catalina, originaires d’Amérique latine. La première est en 3ième année des sciences du langage ; la seconde, en master de droit. Un peu plus loin, Camille, 21 ans, lui aussi étudiant, explique la raison de sa participation. Son entrée dans l’écologie s’est faite par le zéro déchet. “En janvier dernier.” Dans la foulée, il convertit sa mère et fréquente les épiceries bio (Day by Day, La petite réserve). Se met en quête d’informations. De livres. (3) Pour Camilla, c’est le scoutisme qui l’a menée à l’éco-responsabilité. “En Equateur, j’étais scout. Ici, j’ai continué.” Comme la majorité des contributeurs 24, répartis en quatre équipesCamilla a eu vent de l’opération sur Facebook.

L’utile et l’agréable

Une fois le matériel distribué, les consignes données et les partenaires présents remerciés (4), chaque équipe rejoint sa zone de nettoyage, dans le vrombissement des mobylettes. Chacun a une mission : nettoyer, photographier, enquêter. Au milieu de cette joyeuse cacophonie, Anas fait le va-et-vient, d’une équipe à l’autre. Toujours un mot pour les passants. Il encadre, “ambiance“, prodiguant des conseils pour un nettoyage pas toujours évident. Fatigant parfois. “On a fait deux heures, car c’est un peu long pour les petits.” Des déchets plus ou moins accessibles. Cachés sous les arbustes, ensevelis sous des amoncellements de feuilles, coincés entre les copeaux de bois du paillage des parterres. Rendre l’opération ludique facilite la tâche, les équipes se fédérant dans des défis communs. Des jeux. Trouver un nom à son équipe, inventer un hymne qu’ensuite, Anas immortalisera dans une vidéo, une photo souvenir. Nettoyer en s’amusant, apprendre en se divertissant, tel est son mantra. Enrichir l’opération de nouvelles idées d’animation, de vulgarisation. Avec de nouveaux partenaires. Sur l’édition du 26 mai, Marie-Hermine a programmé un botaniste, Guy Lalière, “pour faire découvrir les plantes comestibles.

En concertation avec les collectivités territoriales, associations et partenaires

Fin de collecte.

C’est Clermont Metropole qui s’occupe du nettoyage de l’espace public.” Complété, ici et là, par des nettoyages de quartier pilotés par des associations qui font des retours d’expérience à la Métropole. “On leur envoie un mail et une photo de ce qu’on a fait.” Des données récoltées (nature des déchets, lieu de collecte, poids de la récolte). 41kg en moyenne depuis le début de l’opération. “Faire un constat du pourquoi du comment.” Pour des situations du type : “il y avait beaucoup de déchets mais en même temps ça manque de poubelles“, décrit Marie-Hermine. “Un effet négatif du plan Vigipirate“, commente Anas. L’idée est d’améliorer les choses. Eduquer les enfants. Les parents. “C’est pour ça que je veux faire intervenir le Repair Café (5)“, explique la jeune femme. Proposer des ateliers de sensibilisation à l’environnement. De préciser : “nous n’avons pas inventé le nettoyage de quartier ni le ramassage de déchets. Ca se fait de plus en plus, les Clean Walk. Mosaïc en fait aussi.” Référence à cette association phare des quartiers nord de la ville, créée il y a dix ans. Leur dernier nettoyage remonte au 21 mars. “Une opération renouvelée depuis dix ans”, confirme l’ancien président de Mosaïc Auvergne, Samir El Bakkali. Marie-Hermine conclut : “c’est jamais trop.

“On veut changer les mentalités”

Une démarche approuvée par une poignée d’habitants, qui, de leur balcon, observent le ramassage. Mêmes encouragements sur les réseaux sociaux, nous dit Anas. Un avis qui, toutefois, ne fait pas l’unanimité. Certains considéreraient l’action inutile. De fait, entre les nettoyages, les déchets s’accumulent à nouveau. Plus encore, à l’arrivée des beaux jours. Comment, alors, réduire ces déchets sauvages, loin d’être limités au quartier ? Centre-ville, autres quartiers, zones périphériques, partout le phénomène est visible, avec plus ou moins d’intensité suivant les zones. Complexe, la solution passe en partie , par les politiques publiquesnotamment l’application des Agendas 2021 locaux et 2030 (6) , et l’éducation, comme l’a rappelée l’ONU, en novembre 2020, “ faisant de l’éducation à l’environnement un instrument essentiel.” (6) Gageons que ces initiatives conjuguées impulsent une prise de conscience des enjeux de la gestion individuelle des déchets, et inversent un processus d’accoutumance à la dégradation des espaces publics. Le prochain rendez-vous ? Un partenariat avec la médiathèque de Croix-de-Neyrat, afin de mettre à disposition du public des livres sur le sujet. Il est fixé le 26 mai prochain.

Photo souvenir.

 

(1), 7 à vous https://xn--7vous-rqa.com/
(2), La Maison du Faire Soi-même, activité proposée par Les Enfants Prodiges https://www.lesenfantsprodiges.fr/
(3), “La famille zéro déchet“, Bénédicte Moret & Jérémie Pichon, Thierry Souccar éditions, 2013.
(4), Capillum & Yooliz.
(5), atelier qui “réunit des bénévoles qui réparent et des personnes qui viennent faire réparer des objets du quotidien qu’ils ne veulent pas jeter.” Il en existe un peu partout en France.
(6),
– L’Agenda 21 local est un programme d’action pour le développement durable au XXIe siècle un projet pour un territoire, une collectivité locale, conduite avec la population et les acteurs locaux, avec l’ambition collective de faire du développement durable le nouveau modèle de développement du territoire établi dans le cadre des accords du Sommet de Rio, 1992 http://www.comité21.org
L’Agenda 2030 est un “plan d’action pour les populations, la planète et la prospérité“, qui définit les Objectifs de développement durable (ODD) dans le programme de développement durable à l’horizon 2030, ONU, septembre 2015 https://www.agenda-2030.fr/
(7), “Réaliser les droits de l’enfant par l’éducation à l’environnement“,  Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, novembre 2020.

 

 

 

À propos de l'auteur

Sandrine Planchon

Après une prépa lettres et des diplômes en sciences humaines, Sandrine Planchon s'oriente vers la radio. Depuis 1999 elle travaille différents formats sur Altitude, Arverne, RCF, RCCF. Investie depuis 2015 dans un projet sur le numérique avec Elise Aspord, historienne de l'art, elle encadre aussi depuis 2014 les projets d'étudiants du Kalamazoo College (US).

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