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L'Essentiel
Le gardien Guivarch a été le principal artisan de ce résultat, réalisant plusieurs arrêts décisifs pour éviter une défaite, tandis que l'équipe a affiché des statistiques inquiétantes avec le plus faible total de buts attendus de la Ligue 2.
Le match a soulevé des interrogations sur la cohésion collective de l'équipe, alors que le prochain déplacement à Pau sera crucial pour prouver leur capacité à relever la tête et à retrouver du caractère.
Malgré une première période acceptable, les Auvergnats ont fini par céder face à des Manceaux ultra-dominateurs, concédant un nul bien payé (1-1).
Au final, dans le jeu, les clermontois auront réussi à faire pire à 11 contre 11 contre un promu qu’à 10 contre 11 contre Reims, relégué de Ligue 1.
Une entame cohérente mais fragile
Clermont abordait ce huitième rendez-vous de la saison avec la nécessité de se rassurer, autant dans les résultats que dans le contenu face à un promu.
Dès les premières minutes, quelques combinaisons inspirées sur les ailes laissent entrevoir de meilleures intentions et le début de chemins préférentiels.
Fakili allume la première mèche (14e), et c’est finalement Loïc Socka qui concrétise sa bonne entame : à la 21e minute, sur un centre de Camblan bien décalé par Saivet, l’attaquant clermontois ouvre le score d’une reprise en première intention.
Une action limpide, dans un match qui ne le sera pas longtemps.
Un poteau qui aurait pu tout changer
Clermont manque le break juste avant la pause, sur une action quasi copiée-collée de l’ouverture du score : cette fois, la tentative de Socka vient heurter le montant (44e).
Le Mans, malgré un déficit au tableau d’affichage, se crée déjà beaucoup plus d’occasions (15 au final) et reste menaçant à chaque incursion.
Les rares spectateurs présents (3862 seulement) le sentent malgré l’avance au score : rien n’est acquis. Guivarch, déjà sollicité à plusieurs reprises, retarde l’échéance.
Seconde période fantomatique
Au retour des vestiaires, Clermont baisse pavillon.
La possession penche clairement en faveur du Mans (53% au final), tout comme les xG (3.05 contre 0.88) et les touches dans la surface (46 à 11). Et que dire des occasions… 15 pour Le Mans et 2 (!) pour Clermont.
Malgré les arrêts de Guivarch (notamment à la 52e), les Clermontois cèdent fort logiquement à la 82e minute : sur un centre de Buades, Vercruysse surgit et égalise.
Plus rien ne sera tenté par le CF63, complètement éteint dans une seconde mi-temps où l’équipe a largement dépassé la ligne rouge du ridicule à vouloir gérer un résultat sans la maîtrise technique pour le faire.
Une mi-temps indigente donc, tant dans l’intensité que dans les idées.
Le malaise s’installe
Ce match met aussi en lumière un paradoxe devenu récurrent : Clermont n’obtient des résultats que parce qu’il marque avec très peu d’occasions, tout en s’exposant souvent trop.
Les chiffres sont implacables et affligeants : CF63 affiche désormais le plus faible total de buts attendus (xG) de la Ligue 2 (5.2) et le deuxième plus élevé en buts encaissés attendus (xGA) avec 13.3.
Si les résultats paraissent encore décents sur le papier, la réalité du terrain est bien plus préoccupante.
Les absences d’impact des remplaçants et un comportement collectif fuyant interrogent.
À ce jour, seul Guivarch semble tenir la maison debout à lui tout seul. Sur ce match, le portier clermontois a, statistiquement, empêché Le Mans de marquer près de 3 buts (2.92 buts empêchés)…
Guivarch contre le reste du monde
Difficile de sortir des satisfactions nettes tant l’équipe s’est effondrée en seconde mi-temps.
Socka, malgré 10 duels perdus sur 15, reste le Clermontois le plus remuant, avec 4 des 8 tirs de l’équipe et la moitié des présences dans la surface mancelle.
Le joueur offrant une prestation volontaire devra sortir durant la seconde mi-temps, perclu de crampes. Mais ses dernières prestations et son état d’esprit le placent, de notre point de vue, comme le titulaire du poste en l’état actuel des choses.
Camblan, bien qu’auteur d’un centre décisif et de quelques débordements, a globalement souffert (6 duels perdus sur 7), loin de son match abouti contre Saint-Étienne.
Dans les cages, Guivarch a, comme dit ci-dessus, été précieux une nouvelle fois, réalisant plusieurs parades décisives, même si sa prise de balle à la main étonnante en première mi-temps aurait pu coûter cher avec un coup-franc indirect dans la surface.
Derrière, M’Bahia s’est signalé par 15 actions défensives et 6 duels gagnés, meilleur total du match côté CF63.
En revanche, le reste de l’équipe s’est éteint dès le retour des vestiaires, et les entrées n’ont rien apporté — un constat appuyé sans détour par Grégory Proment après la rencontre.
Le staff comme les supporters (et même les joueurs interrogés après le match) restent dubitatifs face à cette disparition collective, aussi brutale qu’inexpliquée.
Un point mal acquis
En obtenant un nul face à un promu, Clermont s’en sort vraiment bien au vu du contenu.
Mais ce résultat ne masque ni la faillite collective de la seconde période, ni les signaux alarmants envoyés par les données depuis le début de saison.
Le groupe, pourtant dans le ventre mou du classement, est en très forte surperformance statistique aussi bien offensivement que défensivement.
Le déplacement à Pau, vendredi prochain, sera bien plus qu’un simple match de championnat : il s’agira de prouver que cette équipe a des ressorts, un tant soit peu d’âme et du caractère.
Et qu’elle ne se contente pas juste de vivoter péniblement.
Voir le résumé vidéo du match Clermont – Le Mans
Clermont – Le Mans : La conférence de presse de Grégory Proment
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