L’Hôtel Fonfreyde, centre photographique de Clermont, présente une nouvelle exposition. Au-delà de l’image, la photo revient au principe analogique pour servir la création d’œuvres contemporaines qui réinventent l’usage même de la matière photographique, dans de nouvelles perspectives.
La main du créateur, plus que l’œil du photographe
Treize artistes explorent la matérialité des techniques photographiques analogiques, inventent des procédés, jouent des supports. Il ne s’agit plus d’obtenir une image, que la toute-puissance du numérique déploie sans mesure, mais d’utiliser la photo hors cadre pour façonner des œuvres contemporaines. C’est un nouveau vocabulaire qui instaure ici un dialogue entre l’image et la création, entre la sensibilité de notre regard et l’intention de l’artiste.
Une poésie de la matière photographique
Qu’il s’agisse de clichés de statues antiques imprimés sur le marbre dont elles sont faites (Dune Varela) ou de robes qui se froissent ou se déploient en origami (Arina Essipowitch) — pour ne citer là que deux des treize artistes exposés — c’est l’œuvre qui fait alors image : une image en relief, vivante parfois, dans laquelle la photographie devient un composant serviable.
Si le propos anthropocène apparaît clairement dans les sujets présentés, sa poésie en est évidente comme, par exemple, avec Yanis Houssen et ses transferts carbone pour explorer les mues de l’architecture et de la ville. Les treize artistes exposés sortent de la chambre noire pour nous proposer des œuvres contemporaines immédiatement visibles et lisibles, réelles. Elles nous laissent libres de notre regard, de notre ressenti, de nos émotions.

Un mouvement photographique récent
Michel Poivert, historien de la photographie, professeur à l’Université Panthéon Sorbonne, est co-commissaire de cette exposition déjà donnée à Montreuil où il a créé le Collège International de Photographie. Cette structure promeut et anime un mouvement apparu depuis une vingtaine d’années, une contre-culture néo-analog pour ne plus restreindre la photographie à la seule image. Non pas un retour aux sources mais au réel, comme cela peut aussi s’entendre dans d’autres domaines tels que la musique, le film ou l’urbanisme.
NEO ANALOG, à l’Hôtel Fonfreyde, centre photographique. 34, rue des Gras à Clermont, jusqu’au 13 juin 2026.
Entrée libre du mardi au samedi, de 13h30 à 19h. Des animations, visites et rencontres sont organisées en mars, avril et juin.












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