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Romane Santarelli, une jeune musicienne au grand talent.
Romane Santarelli sur scène.
Culture Rencontre

A écouter cet été… l’électro hypnotique de Romane Santarelli

Repérée par France Inter et Libération, la musicienne clermontoise livre une électro rêveuse et entêtante, qui ouvre nos horizons trop longtemps confinés. 7 Jours à Clermont l’a rencontrée.

Elle était sur la rampe de lancement. Prête à décoller vers cette galaxie électro qui l’avait portée aux nues en la sélectionnant pour les Inouïs du Printemps de Bourges 2020. Mais voilà. La Covid19 est passée par là. Confinée, Romane Santarelli, 23 ans, a retrouvé sa chambre d’ado à Dompierre-sur-Besbre. Son premier “vrai” album, qui devait sortir en octobre, ne verra finalement le jour qu’en février 2021. Les concerts ont également été repoussés.

Heureusement, tout n’est pas si noir. Cloîtrée, la jeune femme en a profité pour composer, bidouiller, élaborer de nouveaux morceaux, dont le subaquatique Water Moon Pattern, une immersion en eaux cristallines dans lesquelles il ferait presque bon se noyer. “Le confinement m’a aidé à me plonger dans ma bulle” confie-t-elle, un verre de jus d’orange à la main, sur une terrasse de la place de la Victoire. Bonne nouvelle : ce travail devrait prendre la forme d’un nouvel EP. 

“Une brumeuse faille spatio-temporelle”

Un concert de Romane Santarelli.
Photo Yann Cabello.

Née dans l’Allier, Romane Santarelli vit à Clermont-Ferrand depuis 2017. Une ville qu’elle adore et qu’elle défend bec et ongles. Repérée par la Coopérative de Mai, elle a toujours été soutenue par l’écosystème musical local. De nombreuses salles ou festivals lui ont permis de s’exprimer, lui ouvrant des portes qu’elle n’aurait peut-être jamais franchies sans cet accompagnement. France Inter a parlé d’elle. Et Libé itou : “En entendant [ses productions], on a envie de se lancer dans une danse un peu gauche, aux gestes lents et saccadés, comme si leur douce puissance nous absorbait dans une brumeuse faille spatio-temporelle” s’enthousiasme le journaliste Patrice Bardot.

Cette faille spatio-temporelle s’est ouverte grâce à différents projets (Kawrites, Ultraviolet…) avant de se poursuivre en solo sous son propre nom. Quadri, le premier EP de cette aventure solitaire, est sorti en février chez Unicum Music. Jusqu’à la fin du mois de juillet, un remix de chaque titre est dévoilé chaque vendredi. Aux platines, des pointures comme Calling Marian, Ales ou Rrobin. “C’est intéressant de voir comment les autres s’approprient mes morceaux” confie cette blonde aux yeux bleus.

A travers sa musique, cette virtuose du son souhaite dresser des ponts vers l’ailleurs et inviter au voyage. Sa techno est toujours hypnotique, volontiers rêveuse. Les machines au service de la poésie… “Je fais une musique assez imagée. Je m’intéresse aux trucs divinatoires, aux astres, à la lune, à la cartomancie. J’aime bien la portée symbolique de ces sujets” explique cette admiratrice de David Lynch. “En cherchant bien, on peut retrouver ici et là les traces d’une culture encyclopédique, sans jamais dénaturer une écriture complexe et virtuose, brillamment inspirée du travail des orfèvres du genre” écrit d’elle Hervé Deffontis de la Coopé.

“Je suis une grande timide”

Tout est allé très vite pour Romane Santarelli. Elle découvre la musique à l’âge de 10 ans avec une vieille guitare électrique de son père. Pendant 9 ans, elle gratte des cordes au sein de l’école communale. A 16 ans, elle bascule vers l’électro après un concert de Carbon Airways au Paléo Festival à Nyon, en Suisse. Une énorme claque. “Ils avaient mon âge. Plein de machines. Si eux étaient capables de faire ça, je me suis dit que moi aussi.”

De retour chez elle, elle se frotte à la musique assistée par ordinateur avec le succès que l’on sait. Le 14 février 2017, elle franchit une étape de plus en assurant la première partie de Petit Biscuit à la Coopé. “Je suis une grande timide. Je me suis mis une pression de dingue pour une vingtaine de minutes de live.” Curieuse des autres, cette grande fan de Rone s’intéresse désormais aux pionniers comme Jean-Michel Jarre, Vangelis et bien sûr Kraftwerk, attendu à Clermont-Ferrand le 10 juin 2021.

Les veilles de concerts, cette amatrice de rando a un petit rituel : monter au sommet du puy de Dôme le plus vite possible. “Les grands espaces me libèrent. A 10 minutes de Clermont, les paysages sont incroyables.” Si les planètes semblent alignées pour Romane Santarelli, cette étudiante en Master 2 de “Stratégies de communication digitale” à l’Université Clermont Auvergne garde les pieds sur terre et ne veut surtout pas brûler les étapes. “J’ai tout pour être optimiste mais rien n’est acquis. Surtout dans le monde d’aujourd’hui, où règne la culture du zapping. Il faut donc que je travaille deux fois plus. Mon projet est encore en développement. Il ne faut jamais s’enthousiasmer trop vite.

Plus d’infos : www.romanesantarelli.com

À propos de l'auteur

Emmanuel Thérond

Emmanuel Thérond

Titulaire d'un Master en Littératures Modernes et Contemporaines, Emmanuel Thérond est journaliste en Auvergne depuis 2004. Il a commencé sa carrière à La Montagne, avant de rejoindre la rédaction d'Info Magazine, où il a travaillé durant 15 ans. Il écrit également pour la presse professionnelle, en particulier Le Moniteur du BTP, dont il assure la correspondance locale. Depuis 2019, il signe dans Le Parisien - Aujourd'hui en France.

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