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Décor et envers du décor- photo D.R.
Chroniques

Toussaint-Barth

Comme chaque année, la fin du mois d’octobre vous met d’humeur bien chagrine. Le passage à l’heure d’hiver, la première gripette (faites un vœu !), le teint blafard, les chaussettes qui grattent, les collants qui godaillent, les parasols en berne, les terrasses désertes… autant de (bonnes) raisons à cette acrimonie que vous manifestez bruyamment.

Pourtant, l’arrivée de novembre -serait presque supportable s’il n’y avait le spectre des vacances de Toussaint ! Comme toute mèrdados (toujours pas trouvé mieux, désolée) exemplaire, vous mettez autant d’énergie que d’imagination à leur concocter des congés aussi instructifs que récréatifs. En bref, vous verrouillez consciencieusement le programme afin de leur éviter la tentation du « pyjama-télé-ordi-tablette-téléphone-24/24 ». Mais – et le ministre de l’éducation serait bien avisé d’y réfléchir plus avant – que faire d’eux en cette période bâtarde ?

Secouer le(s) cocotier(s)

Trop tard pour la plage, trop tôt pour le ski…  Il va falloir brainstormer dur cette année encore ! Vous succombez finalement à l’appel des mers turquoise, et surtout aux sirènes du « all inclusive ». Toute « mèrdados » sait combien le coût des « à côté » peut grever lourdement, voire doubler, un budget vacances… Tout est idyllique. L’hôtel est grand confort (sauf la clim en mode essorage 2000 tours), la plage est déserte (ça sent le loup… ou les requins !), les activités sont géniales (le ski nautique, la voile, le quad, le golf, le tennis… sont en supplément, mais c’était écrit si petit que même avec une loupe vous n’auriez pu les déchiffrer), l’alcool coule à flots (même dans les verres de vos ados qui ne savent pas que le nez d’une « mèrdados » renifle la moindre petite effluve de rhum ambré à des kilomètres) et la nourriture est à volonté (oui même les crêpes au Nutella, les banana-split et autres engrais à cellulite).

Tristes tropiques

C’est sûr, vous avez passé des vacances inoubliables !!! Eux ne se lassent pas de raconter – film à l’appui – votre quasi noyade en cours d’aquagym pour avoir présumé de votre souplesse, ou votre accident de scooter – ici tout le monde roule du mauvais côté de la route ! – et votre nouveau surnom de « Queen Mum », rapport à votre minerve. De quoi nourrir la légende familiale en prévision des longues soirées d’hiver… De votre côté, vous n’oublierez pas de sitôt la turista fulgurante de petit chéri – qui vous a privé de 3 jours de plage !!! – plus imputable aux 14 crêpes au Nutella qu’à l’eau du robinet, ni la caution pour le catamaran que votre  fille– trop occupée à mater le beau moniteur – a  perché sur un rocher, et encore moins la soirée « clair de lune » que vous avez passé à arpenter l’ensemble du complexe à la lampe de poche, pour finalement les retrouver sur la plage, sur le coup de 5 du mat, l’œil  vitreux et la voix  pâteuse… L’an prochain, c’est Vierzon chez Mamie … et vous en thalasso

À propos de l'auteur

Caroline Abramovitch

Caroline Abramovitch

Clermontoise d’origine, ayant usé ses jeans sur les bancs de l’Ecole de Commerce, elle quitte la région en 1985. Longtemps exilée en Haute-Savoie, elle commence par enseigner le marketing et la vente avant de renouer avec sa passion de l’écriture, en devenant journaliste pendant quinze ans dans un magazine féminin régional sur les deux Savoie et Genève. De retour en Auvergne depuis 2010, elle partage son temps entre l’accompagnement d’enfants en situation de handicap, la pratique de la réflexologie et l’écriture.

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