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Territoire et innovation

Comment populariser l’innovation sur un territoire donné ? Fin avril a eu lieu la première “Clermont Innovation Week”, une semaine d’événements (près de 70) organisés par de nombreux acteurs de l’écosystème et coordonnée par Clermont Auvergne Métropole. L’occasion de se pencher sur la manière dont les Clermontois peuvent être sensibilisés au sujet.

Une des “facettes” les plus visibles de l’innovation passe par les start-ups. Ces jeunes entreprises, souvent petites, très dynamiques et “agiles” (capables d’évoluer rapidement, de se remettre en question, de créer des prototypes avec trois bouts de ficelle …), sont basées sur une innovation. Certes : si on creuse bien, rares sont les vraies innovations qui n’ont jamais vu le jour quelque part dans le monde. Cependant, on peut considérer que tant qu’un projet d’entreprise ne correspond à aucun modèle bien établi, tant que son service ou son produit ne se retrouve pas de manière industrielle, il est innovant.

Un écosystème d’innovation local

TEDx Clermont Salon à la Pardieu.

Ces start-ups sont donc de très petites entreprises, qui plus est lancées sur un modèle économique et financier risqué (il n’y a pas vraiment d’antécédent à leur activité). Physiquement, elles existent quelque part. Cela veut dire qu’elles ont une adresse, des fondateurs, parfois quelques collaborateurs – au début … et, bien souvent, des structures publiques ou privées qui sont là pour les aider. Financement, conseil, mentorat, formation, communication … tous ces acteurs forment un écosystème d’innovation local, la plupart du temps centré sur les agglomérations importantes (mais pas exclusivement !*). Comme dans un écosystème biologique, ils interagissent, se complètent, échangent des ressources, grandissent (dans la mesure du possible) et vivent du substrat local : leur territoire.

Environ 500 acteurs

Difficile de quantifier l’écosystème d’innovation clermontois. Cela dépend de ses limites géographiques : la commune ? La métropole ? Le “pôle métropolitain”, qui inclut Vichy et Brioude ? Cela dépend aussi de l’inclusion d’acteurs particulièrement innovants mais pas spécialement “start-up” comme Michelin ou Limagrain … bref, l’un dans l’autre, disons qu’il y a 500 acteurs (personnes morales) de l’innovation entrepreneuriale sur Clermont et ses environs. Si certains bénéficient d’une bonne visibilité, comment rendre les autres plus connus du grand public ?

L’aventure de la start-up

Et surtout, pour quoi faire ? Il faut d’abord répondre à cette question avant d’établir un “plan de communication”. Pour quoi faire ? Parce que l’innovation entrepreneuriale permet à tout un chacun de se lancer dans l’aventure de la start-up (quelle que soit sa forme et son objectif) : les étudiants, les actifs en reconversion, les free-lance, les retraités, les chômeurs … c’est une question d’état d’esprit et de motivation, plus que de compétences ou de diplôme. L’expérience peut aider, à condition d’être prêt à la remettre en cause. Bref, il s’agit d’un domaine assez accessible, d’autant plus que de nombreuses aides matérielles ou financières sont là pour accompagner le lancement des projets.

Création collaborative lors de Culture Experience Days.

  Adaptation et « création »

Également parce que l’innovation, en tant qu’approche du monde économique et professionnelle, doit concerner tout le monde. C’est un truisme, mais il faut insister sur ce point : dans un monde qui va de plus en plus vite, l’adaptation et la “création” sont sans doute les meilleures solutions. Cela implique d’être prêt à se poser des questions sur soi, sur son projet, son modèle économique, de tester de nouvelles choses, d’accepter les idées venant de l’extérieur, de prendre des risques … tout cela devrait faire partie de l’éducation des jeunes et des moins jeunes. Une belle forme d’éducation ne serait-elle pas la participation la plus large possible à ces projets de start-ups, près de chez soi, sur son territoire ?

L’exemple de la Clermont Innovation Week

Voilà pourquoi la Clermont Innovation Week, comme beaucoup d’autres initiatives de sensibilisation territoriale à l’innovation, sont des projets qu’il faut appuyer. Il reste beaucoup de points à optimiser pour que l’événement atteigne sa maturité, un des principaux étant de le rendre visible dans la ville. Mais on finira par y arriver, en espérant aboutir d’ici quelques années à un rendez-vous aussi populaire que le Festival du Court Métrage.

 

*voir “la Cocotte numérique” à Murat, dans le Cantal, bel exemple de développement d’écosystème autour d’une petite ville en milieu rural

À propos de l'auteur

Damien Caillard

Damien Caillard

Tombé dans le numérique quand il était petit, Damien Caillard a successivement monté une petite agence de production vidéo sur Paris puis a travaillé à La Montagne sur les problématiques digitales. Cela lui a permis de découvrir l’écosystème d’innovation clermontois au service duquel il officie désormais, à travers l’association Le Connecteur. Son but : “connecter” les acteurs de l’innovation, les aider à mieux se connaître - par des événements, des articles et des infos pratiques - pour aider à développer le dynamisme et l’attractivité auvergnates.

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