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La révolution « idéale » selon Denis Langlois

Cinquante ans après mai 68, Denis Langlois publie "Et si la révolution était possible". Une sorte de mode d'emploi de la révolution pour ceux qui n'ont pas abandonné l'espoir...

Denis Langlois serait-il le dernier des utopistes? Ou bien un visionnaire marginal, certes, mais annonciateur de temps nouveaux? S’il fut, parmi d’autres, un « enfant » de 68, et non seulement du mois de mai, toutes les révolutions menées à ce jour restent pour lui des symphonies inachevées. En France comme ailleurs dans le monde. Et les exemples ne manquent pas… »Aucune d’entre elles, à ce jour, n’a débouché sur une société sans classes, sans heurts, sans dominants, ni dominés. »

Non violente, non autoritaire

En 1973 , il signait Les Dossiers noirs de la police française, un livre qui fit beaucoup de bruit dans la société post-gaullienne. Celui qui fut l’avocat de la Ligue des droits de l’homme publie aujourd’hui Et si la révolution était possible, sans point d’interrogation. Un ouvrage certes militant mais surtout un essai pédagogique voire pratique. « J’ai écrit des réflexions sur le phénomène révolutionnaire, en me servant de l’histoire, en France mais aussi dans l’est de l’Europe ou les pays arabes. Généralement, les révolutions sont conduites pour se débarrasser d’un régime en place et non pour aboutir à une nouvelle société à la fois égalitaire et apaisée. Elles conduisent alors inévitablement à une désillusion » estime l’auteur.

Que personne ne prenne peur: la révolution que Denis Langlois imagine, celle qu’il préconise est « non violente, sans arme, pacifique. » Et il ne prône en rien les dérives marxistes, ayant débouché sur des états centralisés, hiérarchisés et répressifs. « Les méthodes non violentes et non autoritaires seraient, selon moi, la seule façon de faire et surtout de sauvegarder une révolution. Mon livre est aussi un pari sur le fait que l’être humain peut devenir meilleur. » Une révolution idéale, en quelque sorte…

Des clefs

Au fil des pages, Denis Langlois donne quelques unes de ses « clefs »: il plaide pour un système fédéral, pour des mandataires et non des élus, pour un maximum de décisions prises par le peuple. « Toute insurrection demande une idéologie minimale, un embryon d’organisation collective, pour se transformer en acte politique fort, pour ne pas aboutir à une confiscation des luttes et à un éternel recommencement » écrit-il. Bien-sûr, l’auteur de L’Affaire Seznec reconnaît que « cette » révolution n’est pas pour demain, que les signaux sont absents. « Sur ce plan, on est dans une période creuse, néanmoins les choses peuvent aller vite car nous sommes face à une accélération de l’histoire. » L’histoire, en l’occurrence, sera-t-elle un éternel recommencement?

« Et si la révolution était possible » est paru aux éditions SCUP. Les chroniques « Poussières Volcaniques » de Denis Langlois sont aussi à retrouver sur 7 Jours à Clermont. La prochaine « Mers hasardeuses » sera publiée dans quelques jours.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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