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François-Xavier Echel, généalogiste successoral.
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Profession : chasseur d’héritiers

François-Xavier Echel est généalogiste successoral et directeur régional du cabinet ADD Centre-Auvergne, l’un des leaders du secteur. Juriste de formation, il est passionné par ce métier aux allures de Sherlock Holmes.

François-Xavier Echel est généalogiste successoral depuis 25 ans. Son métier consiste à retrouver les héritiers d’un défunt en remontant s’il le faut jusqu’au sixième degré de parenté. Au-delà, l’héritage revient intégralement à l’Etat.

Il est en général mandaté par un notaire qui fait appel à lui quand il doit régler une succession compliquée. Le notaire a par exemple connaissance d’héritiers de la personne décédée mais ne parvient pas à les localiser. Ou bien certains indices lui laissent penser que les héritiers connus ne sont pas les seuls, qu’il en existe peut-être d’autres. Autre cas de figure, il ne semble exister aucun héritier mais il est indispensable que le notaire s’en assure.

Un chemin semé d’embûches

Mais retrouver un héritier n’est pas une situation de tout repos. C’est même souvent un chemin semé d’embûches. Chaque dossier est unique et revêt souvent des allures d’enquête policière. Pour parvenir à retrouver le petit cousin issu de germain ou le grand oncle par alliance, François-Xavier Echel doit faire preuve d’une grande rigueur et respecter la loi successorale. Le début de son enquête se passe toujours dans les bureaux des mairies ou aux archives départementales, à compulser les registres d’état civil, les recensements. Il se rend aussi au centre des impôts pour éplucher les déclarations de succession ou consulte les archives militaires. Il dispose également d’une base de données uniques au mode et propre à la société ADD baptisée ADD data. Et ne s’interdit pas la consultation de sites généalogiques. « On fait feu de tout bois » souligne François-Xavier Echel.

Ces recherches demandent de l’intuition, de la curiosité, de la rigueur.

Quand le dossier est mené jusqu’à son terme, le généalogiste successoral va toucher un pourcentage de l’héritage qui varie en fonction du degré de parenté et du travail fourni, entre 15 % et 39 % de l’héritage, hors taxes. Il propose alors aux héritiers un contrat de révélation qui définit les honoraires du chercheur d’héritiers. Mais il peut arriver que le généalogiste successoral travaille des mois pour rien. « Il y a une culture du risque dans notre métier » précise François-Xavier Echel. C’est le cas si on retrouve un testament qui annule toute la recherche. Car, il n’est pas impossible que le jour de l’inventaire, on retrouve un testament dans un tiroir mal fouillé. Ce n’est arrivé qu’une fois au directeur régional Centre-Auvergne de ADD.

Retrouver un parent au Canada

En général, François-Xavier Echel apporte des bonnes nouvelles. Son meilleur souvenir est d’avoir retrouvé un homme né en Haute-Loire, disparu dans la nature. « Je n’avais pas retrouvé d’acte de décès. J’avais la conviction que cet homme n’était pas mort quand j’ai découvert un document de partage qui m’a indiqué que cet homme vivait au Canada » se souvient amusé François-Xavier. C’était l’époque où Internet n’existait pas. Le fin limier a limité ses recherches à Québec et Montréal et grâce au bottin téléphonique, après plusieurs coups de fil, il a retrouvé la trace de cette mystérieuse personne. Il s’agissait d’un trappeur canadien avec un accent à couper au couteau qui connaissait très bien sa généalogie. Il était venu à La Chaise-Dieu. « Il m’a expliqué la route entre l’aéroport de Clermont et La Chaise-Dieu, c’était assez émouvant ». Mais le Canadien n’a jamais accepté l’héritage, il a été vexé que ces cousins n’aient pas parlé de lui au généalogiste successoral.

Généalogiste successoral est un métier de niche, environ 10 000 dossiers sur toute la France nécessitent l’intervention de ces enquêteurs hors paire. Pourtant, François-Xavier Echel est confiant dans l’avenir avec l’éloignement et l’éclatement des familles, de nombreux héritiers auront besoin de ses services.

À propos de l'auteur

Véronique Feuerstein

Véronique Feuerstein

Diplômée en histoire de l’art, Véronique Feuerstein a deux passions : le patrimoine et l’économie. Après un début de carrière au quotidien l’Eveil de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, elle a collaboré au magazine de territoire Massif central puis est devenue rédactrice en chef de Massif-central entreprendre pendant neuf ans. Elle a ensuite participé au lancement d’un nouveau média : la Montagne entreprendre, appartenant au groupe Centre France.

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