La population iranienne doit toujours composer avec la répression brutale qu’exercent les autorités contre le soulèvement « Femme, Vie, Liberté ». À l’occasion des deux ans de ce mouvement de contestation — qui a amené le peuple iranien à se lever contre des décennies d’oppression et de discrimination fondée sur le genre —, Amnesty International évoquait, dans une déclaration publiée le 11 septembre 2024, « un climat d’impunité systématique pour les crimes de droit international ».
Quelques mois plus tard, le festival clermontois Musiques Démesurées décide de confier la programmation de sa 27e édition au compositeur Mikel Urquiza, artiste en résidence pour les saisons 2025 et 2026. Bénéficiant d’une carte blanche, ce dernier a souhaité qu’elle soit engagée, sensible et résolument ouverte sur le monde. Le natif de Bilbao a voulu faire entendre des musiques qui transmettent les notions de droits humains, de rapport au vivant, de liberté de création, et rendent hommage à celles et ceux qui la portent. « Lorsque j’ai choisi ce thème pour le festival, je ne pouvais pas imaginer que l’Iran reviendrait dans l’actualité politique avec une telle violence, mais cela rend encore plus urgent notre message », explique-t-il.
« Des œuvres qui questionnent, résistent et relient »
Femme, Vie, Liberté : ce thème est le fil rouge de toute la programmation de la 27e édition de ce festival, qui demeure une manifestation exigeante. Le public doit se montrer averti ou curieux pour en comprendre la démarche artistique. Mikel Urquiza n’a évidemment pas retenu que de la musique iranienne : « J’ai voulu donner son poids à chaque mot — Femme, Vie, Liberté — pour imaginer une programmation riche, pensée comme un geste à la fois artistique et politique. » Musiques Démesurées ne détourne pas le regard, mais choisit au contraire de faire entendre des œuvres qui « questionnent, résistent et relient ». Cette édition 2026 place la musique contemporaine au cœur des grandes questions qui traversent notre époque : la place des femmes artistes, le rapport au vivant et les droits humains, rappelant que l’art, au sens le plus large, est aussi là pour interroger la marche du monde.
Les compositrices mises en lumière
Au cœur de cette 27e édition, une attention particulière est portée aux femmes artistes-compositrices, longtemps restées invisibilisées dans l’histoire de la musique. Sur les 60 compositeurs programmés cette année, 26 sont des femmes (soit 43 %). Parmi les 50 artistes interprètes invités, 27 sont des femmes (54 %). Mikel Urquiza assume ainsi un choix artistique fort, traduisant une forme d’engagement moral à rééquilibrer les récits et à donner toute leur place aux voix féminines contemporaines.
Au travers de concerts, de créations, d’installations sonores, mais aussi de rencontres et de projets pour le jeune public, la programmation de Musiques Démesurées 2026 permet à la musique de devenir un outil de réflexion et de transmission. Les œuvres permettent d’évoquer, « librement et sans hiérarchie », les notions de liberté, de résistance, d’écoute et de relation au vivant.
Afin de toucher le public le plus largement possible, le festival Musiques Démesurées poursuit la mise en place d’une tarification solidaire. Au-delà d’un pass “tous concerts” à 40 €, les places à l’unité sont proposées à partir de 5 €, mais chaque spectateur garde la liberté de contribuer selon ses moyens. Cette attention portée aux publics se traduit également par des actions itinérantes au plus près des habitants et des territoires, telles que Le Tourneur de sons.
27e édition du festival Musiques Démesurées : du 18 au 26 avril 2026, différents lieux de Clermont : 21 concerts tous publics, 9 concerts jeunes public, 16 concerts en itinérance, 7 créations mondiales, 3 installations sonores : programme détaillée sur le site du festival












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