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Le musée des merveilles.
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Une merveille de film, un Jedi raté et un joli fantôme

L'ennui avec le dernier épisode de "Star Wars"... jusqu'au prochain. L'enthousiasme avec "Le musée des merveilles" de Todd Haynes et l'émotion avec"A ghost story" de David Lowery.

Franchement, on n’y croyait plus et c’est pourtant arrivé en ces temps festifs où les yeux sont gavés de lumières banales et de films de consommation courante. Oui,un chef-d’oeuvre nous est offert par le grand Todd Haynes. Il nous avait déjà démontré que le vrai cinéma,il savait ce que ça voulait dire…Son « Musée des merveilles », inspiré d’un roman de Brian Selznick ,auteur également de « Hugo Cabret » conte l’histoire de deux enfants qui sont en quête de quelque chose de rare mais à des époques différentes. Une petite fille muette rêve de rencontrer une vedette de cinéma de son époque (1927) et un jeune garçon recherche son père dans les années 70. Tout l’art de Haynes consiste à filmer avec grand talent ces époques dissemblables. Ce qui concerne la fillette est un hommage au cinéma muet et la patte de Griffith se fait sentir dans ces séquences mémorables. Quant au garçonnet, il vit dans les couleurs des années 70 revisitées par l’auteur qui se transforme en peintre. Magie du cinéma, ces époques sont offertes en montage parallèle et viennent régaler les yeux des cinéphile,s transformés en « Gloutons optiques » selon la formule de Raymond Borde. Laissez-vous emporter par ce tourbillon et dégustez aussi ce magnifique musée qui va clore le film, avec toute l’émotion du monde.

Les Jedi sont fatigués

Qui peut encore croire que la saga « Star wars » puisse être source de renouvellement? Sûrement pas les usines Disney qui nous offrent un 8e opus bourré de références aux épisodes précédents, allant même jusqu’à embaucher Carrie Fisher, décédée peu après, et Mark Hamill qui doit faire son job tant bien que mal. Alors ça commence encore par une bataille intergalactique bourrée d’effets numériques et ensuite on essaie de philosopher quitte à plomber d’ennui le spectateur. Car c’est long, même très long et sans surprise aucune. Excepté la présence de notre ami Ed Harris que l’on a déguisé en monstre laineux ignorant Woolite. Et aussi de nouvelles bébètes moches baptisées les porgs que les parents se voient obligés d’offrir à leurs enfants chéris. Le drame, c’est surtout que Disney assassine ses metteurs en scène. Rian Johnson, qui n’avait pas loupé « Looper » et plutôt réussi « Brick », est comme tétanisé par ce devoir impossible. » Aussi le titre : »Les derniers Jedi « sonne comme une espérance…Pourvu qu’ils soient les derniers, les bons derniers.

Un émouvant fantôme

Pour commencer l’année en beauté et en étant exigeant vis-à-vis du 7ème Art, on doit aller voir « A ghost story » de David Lowery. Il a quitté Disney pour nous offrir un film étrange et lumineux,cadré à l’ancienne, où chaque plan est minutieusement pensé  et qui évoque le cinéma de Terrence Malick à ses débuts. Interprété par la très belle Rooney Mara et par Casey Affleck, sans compter  le fantôme,simplement couvert d’un drap avec deux trous à la place des yeux,vous serez captivés par ce petit film qui joue dans la cour des grands.Bonnes année à tous à vous, amis cinéphiles.

À propos de l'auteur

Roger Herzhaft

Roger Herzhaft

Né à Strasbourg, il a exercé la profession d'opticien, passionné depuis toujours par le 7ème Art. Arrivé à Clermont-Ferrand en 1992, il fonde alors le "Cercle des Amis du cinéma" qu'il dirigera jusqu'en 2016,en tant que président. A animé ‌des émissions de télé et radio sur Clermont-Première, Radio Nostalgie et Radio France Bleu Pays d'Auvergne. Il aime en particulier le Western, Hitchcock, Truffaut, Steven Spielberg.

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