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L'Essentiel
Cette technologie, qui nécessite des manipulations complexes et coûteuses, offre un taux de survie exceptionnel pour les patients, bien que son coût par traitement atteigne environ 300 000 euros.
Le soutien du mécénat est jugé crucial par la directrice générale du CHU, Valérie Durand-Roche, pour le développement de la recherche et de projets médicaux, en complément des financements publics.
La Caisse d’Épargne Auvergne Limousin vient d’engager une opération de mécénat à hauteur de 40 000 euros pour participer au financement d’un programme très innovent dans la lutte contre le cancer.
Si à Clermont, on parle beaucoup du centre Jean-Perrin qui fait partie des 20 établissements de santé privés du groupe Unicancer, son proche voisin le CHU, n’en reste pas moins un acteur majeur dans le domaine, puisque 25% de son activité est consacrée à la cancérologie. Il est l’un des premiers établissements français à proposer des traitements nommés CAR-T cells.
Car-T cells, l’innovation dans le traitement des tumeurs liquides
“Cette opération de mécénat est un vrai soutien à l’innovation et accompagne le développement de cette technologie Car-T cells qui permet de traiter les tumeurs liquides*” explique Valérie Durand-Roche directrice générale du Centre Hospitalier Universitaire de Clermont. “C’est une technologie extrêmement innovante qui nécessite de prélever des cellules souches sur le patient, de les transformer génétiquement et de lui réinjecter pour que le cancer soit traité. C’est une technologie très exigeante, très coûteuse qui nécessite une conservation des cellules qui sont pour l’instant fabriquées majoritairement à l’étranger, mais c’est un véritable apport pour le patient puisqu’avec une seule injection son taux de survie est majoré”. Chaque année, au CHU de Clermont, 25 patients bénéficient de ce type de traitement avec un taux de survie jugé “exceptionnel”. La technologie qui donne beaucoup d’espoir dans la réussite du traitement du cancer, coûte environ 300.000 euros par malade. Lorsque les cellules souches reviennent des USA où elles sont actuellement modifiées, elles sont considérées comme un véritable trésor valorisé à 7 millions d’euros, qu’il faut conserver avec le plus grand soin dans de l’azote. Les 40 000 euros de la CEPAL sont fléchés pour l’acquisition d’une cuve de stockage spécifique.
Agréger les différents soutiens
Au regard du coût du traitement par patient, la participation de la CEPAL peut paraître presque dérisoire, mais il convient de regarder le processus dans son ensemble. “Tout soutien est important pour nous” reprend Valérie Durand-Roche “Il y a des soutiens apportés par la sécurité sociale, mais les soutiens supplémentaires nous permettent d’avancer encore plus vite et même si c’est une petite pierre dans un ensemble d’investissements importants, il est majeur pour nous, parce qu’il concrétise un partenariat avec la CEPAL, qui est investie dans le domaine de la santé. C’est cela qui est important, le symbole et l’engagement qui dépasse les modes de financement actuels et c’est ce qui fait que l’on peut avancer un peu plus. C’est en agrégeant les différents soutiens que l’on peut accompagner certaines pathologies”.
Le mécénat est indispensable pour la recherche au CHU
“L’État finance une part de la recherche, notamment celle faite par les CHU, néanmoins le soutien d’acteurs complémentaires reste important pour les hôpitaux. Nous avons souhaité relancer la notion de mécénat au niveau du CHU pour pouvoir développer trois types de projets, pour les patients, pour la recherche et pour les personnels” explique la directrice générale. “Chaque acteur, chaque financeur institutionnel, voire individuel peut contribuer à ces trois causes et c’est important pour l’hôpital.” Contribuer à construire ce cadre se révèle fondamental pour le développement de ce que l’on nomme la médecine personnalisée. “Il y a de grands espoirs sur des traitements qui allient la biothérapie, l’approche génétique et les nouvelles molécules qui permettent d’aller modifier structurellement la façon dont une maladie se développe au sein d’une cellule pour éviter le développement d’une pathologie ou en tout cas la stopper. Cette médecine personnalisée commence à avoir des résultats très sérieux, notamment sur le prolongement de la vie de certains patients. Il y a aussi d’autres approches comme le vaccin, mais toutes ces technologies et ces avancées très innovantes, exigent des financements. Lorsque le mécénat s’ajoute au soutiens publics et aux fonds européens cela favorise un peu plus les avancées. Au CHU on a d’autres projets pour essayer de développer des plateformes de recherches pour que l’on ait d’autres champs d’approche, comme l’environnement et la santé ou la prévention qui est le nouvel axe de la santé pour ne plus être que sur le curatif et éviter l’apparition de la maladie.” conclut Valérie Durand-Roche.
*Les leucémies, aussi appelées « tumeurs liquides » sont des cancers qui prennent naissance dans le tissu hématopoïétique (qui produit le sang) de la moelle osseuse










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