Écouter l'article
L'Essentiel
Le préfet Joël Mathurin souligne que 90% des feux de forêt sont causés par des erreurs humaines et annonce des mesures réglementaires strictes pour protéger la biodiversité, tout en renforçant les équipements des pompiers.
Avec un budget soutenu par le Conseil départemental et l'État, le Puy-de-Dôme investit dans des équipements adaptés pour faire face aux menaces croissantes sur ses massifs forestiers, qui souffrent de plus en plus des effets du changement climatique.
21 juin 2025 : premier jour de l’été, première période de canicule et hausse sensible des risques des feux de forêts et de végétation. Si le Puy-de-Dôme est encore assez vert après un printemps bien arrosé, la situation peut basculer assez vite comme dans la majorité des départements français, Avec le dérèglement climatique, les incendies ne se cantonnent plus au sud de la France, ni à l’été comme l’a illustré l’incendie de Chastreix dans le Sancy, début avril qui s’est soldé par la destruction de 190 hectares de végétation.
Suivant le 3e plan national de prévention voulu par l’État, le département a mis en œuvre une campagne de prévention visant à sensibiliser les habitants et les professionnels, les citoyens et les touristes de plus en plus nombreux.
9 feux de forêt sur 10 sont causés par des erreurs humaines
« Notre département du Puy-de-Dôme, certainement à cause du dérèglement climatique, n’est pas à l’abris du risque de feu de forêt. Nous avons eu à le déplorer il y a quelques semaines sur Chastreix » rappelle le préfet Joël Mathurin. « près de 200 hectares, cela aurait pu être pire si nous n’avions pas eu une action très forte de la part des pompiers. Aujourd’hui, nous lançons la campagne de prévention. Il faut d’abord que les pompiers soient formés et équipés. Il y a un engagement très fort financièrement de la part du Conseil départemental et de l’État pour que les pompiers aient de bons équipements quand ils agissent. Mais il est important que je puisse dire aujourd’hui au moment du lancement de cette campagne que j’ai pris des mesures réglementaires : plus aucun feux en forêt. Pas de mégot, pas de barbecue ! il faut préserver la nature et la formidable biodiversité. Il faut dire à nos concitoyens, que 9 feux de forêt sur 10 sont causés par des erreurs humaines ». Le préfet annonce une vaste mobilisation des pompiers, de la gendarmerie, de l’Office Français de la Biodiversité, et de l’ONF pour faire de la prévention et dans certains cas de la répression.
Des milliers d’hectares de forêt dans le Puy-de-Dôme
Depuis 2021, ce ne sont pas moins de 37 camions qui ont été achetés pour mettre la flotte à niveau afin de faire face aux nouveaux enjeux. Le département finance 70% du SDIS, Service départemental d’Incendie et de Secours du Puy-de-Dôme et les moyens doivent être à la hauteur des besoins. « Il y a des milliers d’hectares de forêt dans le Puy-de-Dôme » rappelle Lionel Chauvin, président du département qui précise « La sylviculture est majeure sur notre département. Entre la Sylviculture et le pastoralisme l’équilibre est très important. Par exemple au pied du puy de dôme, il y a de la diversité de végétation avec des strates, avec à la fois des fougères et un certain nombre d’essences et le changement climatique fait que l’on est dans l’obligation de se préparer. C’est ce que fait l’ensemble de nos forces de sécurité ».
« Nos arbres ont été habitués à avoir beaucoup plus d’eau »
« Le changement climatique est de plus en plus prégnant sur nos massifs forestiers, avec de plus en plus d’épisodes de fortes chaleurs, même en altitude » explique Terry Sauzède, chef de projets à l’ONF, Office National de Forêts. « Cela provoque un stress hydrique sur les arbres. Concrètement, ils ont moins d’eau dans leurs feuilles et leurs aiguilles. Cela peut provoquer des dépérissements, des morts d’arbres et potentiellement davantage d’arbres morts dans les forêts, ce qui peut inciter un incendie à prendre encore plus d’importance. On a une élévation des températures donc une élévation combustible qui peut être plus sèche et plus importante. Nos arbres ont été habitués à avoir beaucoup plus d’eau et à se développer de façon plus correcte. Avec un changement brutal, ils ont moins d’eau et ils peuvent subir des dépérissements assez subitement. Ils sont verts mais ils ont beaucoup moins de feuilles et d’aiguilles pour palier à ce problème de changement climatique. On essaie de gérer les forêts pour palier à ce risque de dépérissement. Justement on gère nos peuplements pour éviter ces mortalités, malgré tout, on a des dépérissements assez importants particulièrement sur l’Épicéa, le sapin pectiné… on a même des surprises sur des essences qui à priori seraient moins sensibles au changement climatique mais qui subissent des dépérissements comme le pin sylvestre ».

« Il faut juste faire preuve d’humilité »
« Je n’ai pas d’inquiétude particulière en ce début d’été, il faut juste faire preuve d’humilité car on sait qu’il y a des massifs qui peuvent poser de gros problèmes » annonce Christophe Glasian, contrôleur général et patron du SDIS 63. « On a déjà une organisation en place, près de 70 véhicules en capacité d’opérer sur des problématiques feux d’espaces naturels, des personnels formés. La moitié du corps départemental est déjà formé aux feux d’espaces naturels et on a pour objectif de former l’intégralité du corps puisque le feu d’espace naturel vient d’être classé comme un risque courant pour le département du Puy-de-Dôme. Jusqu’à présent, il n’était pas très concerné par cette problématique, mais il va l’être et il faut anticiper cela dans la formation de nos personnels. Dans la doctrine d’engagement opérationnelle il y a des choses bien en place et de longue date, on va aussi tous les étés prêter main forte à nos collègue du sud de la France, en particulier de l’arc méditerranéen, en fournissant une colonne de renfort. Il faut également travailler la prévention, en particulier l’accessibilité à nos engins, ce qui n’est pas toujours le cas et sur les points d’eau. On est pas serein, il faut garder cette humilité, mais on est prêts à aborder cette saison » conclut le haut gradé.












Commenter