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- Les gentils koalas ont été victimes des incendies, en Australie, mais ils ne sont pas les seuls… photo D.R.
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L’Australie : un méga-enfer pour les animaux

L’impact des catastrophes et autres accidents, incendies, séismes, inondations, qu’ils soient d’origine « naturelle » ou directement provoqués par l’homme, est estimé en termes de victimes humaines et/ou de pertes matérielles. Pour que les animaux méritent de figurer dans les décomptes, ils doivent aligner les zéros. A la façon australienne.

Les animaux sont-ils à ce point transparents que, lors des catastrophes, quelles qu’elles soient, et quelle que soit leur importance ou leur origine, jamais ils ne figurent au nombre des victimes ?

Ils apparaissent enfin à l’occasion des « méga-feux » qui ravagent en ce moment l’Australie. Il aura fallu attendre que le nombre des victimes animales fasse exploser tous les compteurs pour que les scientifiques et les médias s’en préoccupent ! Leur nombre est si énorme, si choquant, si apocalyptique qu’on ne peut plus les ignorer.

Des victimes transparentes

Alors que les incendies ont fait à ce jour 26 victimes humaines, l’Université de Sydney qui s’est livrée à une étude circonstanciée fournit aujourd’hui le nombre astronomique d’un milliard et 250 millions d’animaux, au moins, ayant péri dans les flammes ! Toutes les espèces vivant sur les lieux sont concernées. Les populations de koalas, en danger de disparaître, bien d’autres mammifères comme les wallabies, les kangourous, les opossums paient eux aussi un tribut douloureusement élevé.

Et ce n’est pas avec l’extinction des feux que les pauvres bêtes survivantes seront sauvées : plus de nourriture, plus d’eau… Celles qui auront échappé aux flammes mourront de faim et de soif.

C’est la faute du chat

Ouh, les méchants chats qui veulent détruire la planète !

Bien sûr, on peut affirmer que ce n’est pas la faute de l’homme. Et pourtant. Qui peut prétendre que le réchauffement climatique n’a pas joué un rôle dans cette hyper-catastrophe ? Et le réchauffement climatique n’a-t-il pas pour origine non contestée les activités de près de huit milliards d’individus occupés à piller méthodiquement la terre qui les héberge ? Certains plus que d’autres, certes, mais le résultat est là. Cela cependant ne change pas grand-chose : les animaux sont par définition des victimes, de nos croyances, de nos coutumes, de nos habitudes vestimentaires, alimentaires, de nos visées égoïstes, de notre ignorance, de notre cupidité, de notre indifférence, de notre stupidité voire de notre méchanceté.

Revenons en Australie. Comme si toutes ces morts ne suffisaient pas, le Gouvernement a prévu de massacrer 10.000 dromadaires sauvages (qui ne sont pas une espèce endémique, mais qui ont été amenés par l’homme sur l’île au XIXe siècle). On leur reproche de boire trop d’eau. Que ne se sont-ils mis à la bière ! Ils seront abattus en cinq jours (!) par des snippers depuis des hélicos. Un beau carnage en perspective. Rapide et efficace.

Les Australiens sont des gens étonnants. Au mois d’avril dernier, le même Gouvernement a annoncé que deux millions de chats errants allaient être mis à mort. Et pourquoi sont-ils condamnés, ces braves greffiers ? Réponse : parce qu’ils seraient les fossoyeurs de la biodiversité ! Et dire qu’on ne savait pas comment sauver la planète !

 

À propos de l'auteur

Josée Barnérias

Josée Barnérias

A toujours été au plus près de la cause animale. En septembre 2010, a fondé La Griffe, association d'information et d'intervention pour les animaux. Aujourd'hui encore, elle en est la présidente. A travaillé pendant trente années dans la Presse quotidienne régionale. Elle vit à Clermont-Ferrand.

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