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Ancien immeuble CPAM / Photo 7 Jours à Clermont
Ancien immeuble CPAM / Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

L’immeuble de la CPAM se transforme en résidence de l’OPHIS

Typique de l'architecture de son époque, l'ancien immeuble de la CPAM dans le quartier clermontois Pelissier est en pleine restructuration sous la houlette de son nouveau propriétaire l'OPHIS. Les nombreux bureaux cèdent progressivement leur place à 105.logements sociaux

Entre le 92e Régiment d’Infanterie et la place du 1er Mai, l’ancien immeuble de la CPAM trône au milieu de ce qui était autrefois le cœur administratif de Clermont, le quartier Pelissier. Ce mastodonte de béton à la structure poteaux-poutres et ses lignes tendues, avait pris des allures de fantôme depuis les déménagements d’abord de la CARSAT, puis dans la foulé de la Caisse d’assurance maladie, il y a presque 10 ans déjà.
10 étages, 42 mètres de haut, 6 400 m² de façade et 14 000 m² de plancher à usage de bureaux… il était tentant de raser, pardon déconstruire, ce véritable totem de l’architecture des Trente Glorieuse construit en 1960, une architecture comme on en fait plus, avec de vastes fenêtres qui apportaient certes de la lumière, mais aussi du froid et de la chaleur au fil des saisons. Mais à Clermont, comme partout ailleurs, la tendance actuelle est de conserver l’existant lorsque cela est possible. Cela permet de garder une trace du passé, car l’architecture du XXe fait désormais partie du patrimoine, tout en visant la sobriété tant sur le plan des matières premières que sur le foncier.

« On s’est même posé la question de tout arrêter à un moment »

C’est en 2016 qu’un appel à candidature pour le rachat du bâtiment a été lancé par l’UIOSS*. Une promesse de vente a été signé en 2017 avec l’OPHIS qui avait le projet de changer la destination de l’immeuble avec des logements sociaux en lieu et place des bureaux. Permis de construire obtenu, la vente signée en 2019 a été suivie du curage et du désamiantage en 2020. Les travaux ont débuté en 2022, avec une évolution du projet en 2024. « Tout ce que l’on prévoit au départ, peut-être revu, car on découvre des contraintes au fil de l’avancée du chantier » explique Philippe Brunet-Debaines, Directeur général de l’OPHIS. « Par exemple, on a eu des contraintes parasismiques qui ont modifié le projet. Sur ce chantier, on s’est même posé la question de tout arrêter à un moment. Mais quand on reconstruit la ville sur le ville, on peut être amené à changer profondément un projet. C’est une contrainte qu’ont intégré tous les bailleurs sociaux et tous les promoteurs. On doit travailler sur les transformations d’usage, c’est ce que demandent les élus et l’on doit faire avec les préoccupation environnementales. À l’heure du zen, on ne peut pas envisager de développer une offre uniquement sur des fonciers disponibles, ce n’est plus possible. La pression est politique mais aussi sociétale car on sait que l’on ne pourra pas construire indéfiniment sur des fonciers disponibles » poursuit DG de l’OPHIS.

« On essaie de donner un âme au lieu, tout en restant modeste »

Si l’intérieur de l’immeuble ne ressemblera en rien à ce qu’il était auparavant, l’aspect extérieur restera, quant à lui, proche de l’origine. Une partie des extensions basses ont été démolies mais les 4 façades seront fidèles au projet initial. Le plus gros changement sera la dépose des vitres affleurantes permettant la création de loggias pour la totalité des appartements. « Il faut réussir à respecter le bâtiment. C’était le plus gros du travail, car il est existant et on essaie de faire en sorte que les habitants du quartier puissent conserver cette image extérieure » explique François Lareyre architecte à l’agence clermontoise Le compas dans l’œil, dont le travail restera dans l’ombre de la création d’origine. « Ce que l’on voit surtout, c’est la fonction que l’on apporte pas la suite. L’extérieur n’est pas la qualité première que l’on demande à un architecte, c’est surtout d’agencer l’intérieur et de donner des zones de vies, les plus agréables possibles, ici, à des futurs locataires ». François Lareyre confirme que le bâtiment aux multiple poutres de béton a généré des contraintes de gestion de l’espace et qu’une grosse partie du travail a été de l’équiper de réseaux d’électricité et de fluides en partant de zéro. « On essaie de donner un âme au lieu, tout en restant modeste parce que le bâtiment est ce qu’il est. Notre volonté était de faire du beau et du durable. On a quand même pu re-tramer la façade avec des rebouchements et des ouvertures. On a essayé de mettre un côté architectural, c’est notre petite patte mais le plus important reste l’agencement intérieur ».
Particularité de l’immeuble, le vaste auvent qui abritait l’entrée de la CPAM avait été décoré par le peintre Louis Dussour, un riomois réputé pour ses fresques. Même si l’œuvre n’est pas classée, elle est protégée par une obligation de conservation inscrite dans l’acte de vente.

Fresque Louis Dussour, immeuble CPAM / Photo 7 Jours à Clermont
Fresque Louis Dussour, immeuble CPAM / Photo 7 Jours à Clermont

Un projet mixte

L’immeuble CPAM s’appellera Résidence Arobase et offrira 105 logements du T1 au T4 (T2 et T3 majoritaires) et un local tertiaire. 74 logements seront des logements classiques, et 31 seront traités en lodge, logement adaptés à la perte de mobilité avec une salle commune. « On nous demande de plus en plus de travailler sur des projets mixtes. On est pas uniquement sur du locatif social, on propose aussi des logements ciblés sur des typologies de personnes, ici on a ciblé les seniors. On a une forte demande aujourd’hui pour un habitat avec une offre de logements et aussi d’animation dans une salle commune » explique Philippe Brunet-Debaines qui confirme que l’évolution de la société et de la composition des familles a mis fin à l’offre historique des bailleurs sociaux en T5, devenue obsolète.
Les chantier Résidence Arobase va  se poursuivre durant toute l’année 2026 et représentera un investissement total de près de 26 millions d’euros. Les premiers occupants sont attendus en 2027, soit 10 bonnes années après la signature de la promesse.

*Union Immobilière des Organismes de Sécurité Sociale

Couloir en construction, immeuble CPAM  / Photo 7 Jours à Clermont
Couloir en construction, immeuble CPAM / Photo 7 Jours à Clermont

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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