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"Le cas Richard Jewell" de Clint Eastwood.
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Les bonnes et moins bonnes notes des salles obscures

Depuis "Le cas Richard Jewell" de Clint Eastwood jusqu'à "Jojo Rabbit" de Taika Waititi, les dernières semaines cinéma furent foisonnantes et de qualité très inégale.

Drôle de mois de février qui a pris des airs printaniers, ce qui n’empêche pas les sorties ciné d’être abondantes, avec des films de qualités souvent très différentes. L’évènement annoncé fut la sortie du dernier film de Clint Eastwood. Le cas de Richard Jewell relate une histoire vraie qui s’est déroulée pendant les Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996. Jewell,  un surveillant local, avait découvert un colis piégé et, grâce à sa vigilance, avait empêché un véritable massacre. Pourtant, il allait devenir le principal suspect et être mis en cause par le FBI et la presse. Eastwood traite le sujet de façon classique mais n’évite pas certains pièges: la longueur du film, le simplisme des situations, notamment les rapports de Jewell avec sa mère et le maquillage de la vérité, en ce qui concerne la journaliste Kathy Scruggs. Dans le film, elle est incarnée par Olivia Wilde et propose un odieux marchandage au représentant du FBI. Ce qui, dans la réalité, n’a jamais été le cas. Malgré tout, on peut aller voir cette œuvre d’un grand cinéaste âgé de 89 ans et qui continue à exalter le “bon” Américain. Mention spéciale pour le casting, excellent, avec en prime Jon Hamm, échappé de l’excellente série Mad Men.

Guy Ritchie façon Tarantino

“The Gentlemen”- photo D.R.

Guy Ritchie, dont le style ne flirte pas avec la finesse, nous offre son meilleur film avec The Gentlemen dont le scénario pourrait être signé par Quentin Tarantino. Gangsters et intrigues ludiques, parsemées de gags, n’ont pour but que de distraire le spectateur, avec en prime, des acteurs hauts de gamme comme Matthew MacConaughey, Hugh Grant et Charlie Hunnam, entre autres.

Surprenant et séduisant

Deux films, aussi, valent le déplacement: Un divan à Tunis de Manele Labidi et La fille au bracelet de Stéphane Demoustier. Ils ont l’avantage de nous surprendre, l’un par ce qu’il nous apprend de l’exercice de la psychanalyse en Tunisie et la présence de la sublime Golshifteh Farahani, l’autre grâce à la maîtrise de sa construction et un excellent casting avec Roschdy Zem, dont la ressemblance avec Michel Constantin peut nous ravir.

Carrément loupé

Et, pour finir, un film très raté. Pourtant, il y avait de quoi faire une belle œuvre avec cette histoire d’un gamin allemand, fasciné par le nazisme pendant la deuxième guerre mondiale, dont le mentor imaginaire n’est autre que Hitler. Evidemment, il va découvrir que sa mère cache une jeune Juive…Il fallait alors ne pas mélange tous les genres. L’humour gras qui fige le rire, le pseudo réalisme des scènes de guerre et surtout la dénonciation maladroite de l’antisémitisme. En outre Taika Waititi ne sait pas ce qu’est une mise en scène et accumule les faux raccords. Certes,il est difficile de se placer dans le sillage de Chaplin ou de Lubitsch mais personne ne le lui a demandé. Et on se surprend à rire quand même quand on pense que ce machin est bien placé dans la course aux Oscars… J’ai nommé Jojo Rabbit comme pire film du début 2020.

Il me reste à vous souhaiter un bon mois de Mars, malgré la sinistrose ambiante, et vous conseille de fréquenter plus que jamais les salles de cinéma plutôt que les chaines d’infos qui rendraient suicidaires les gens les plus équilibrés.

Golshifteh Farahani dans “Un divan à Tunis”.

 

 

À propos de l'auteur

Roger Herzhaft

Roger Herzhaft

Né à Strasbourg, il a exercé la profession d'opticien, passionné depuis toujours par le 7ème Art. Arrivé à Clermont-Ferrand en 1992, il fonde alors le "Cercle des Amis du cinéma" qu'il dirigera jusqu'en 2016,en tant que président. A animé ‌des émissions de télé et radio sur Clermont-Première, Radio Nostalgie et Radio France Bleu Pays d'Auvergne. Il aime en particulier le Western, Hitchcock, Truffaut, Steven Spielberg.

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