On pouvait douter de la capacité de Jacques Audiard, dont je ne suis pas fan, à réussir un grand western. Et, pourtant, il a réussi à adapter l’excellent roman de Patrick deWitt,en respectant les lois du genre et en y adaptant son style pour le meilleur. L’histoire des Frères Sisters est connue et vous la trouverez détaillée un peu partout. Ce qui me fait sourire, c’est que d’aucuns, qui ne connaissent pas bien ce genre majeur pensent qu’il s’agit d’un renouvellement total de ses règles. C’est qu’ils n’ont pas vu The Shooting de Monty Hellman, par exemple…Ces Frères Sisters bien qu’étant d’abominables canailles arrivent à nous faire sourire, à nous émouvoir et à créer une forte empathie autour d’eux. Une mention très bien doit être attribuée à tous les acteurs et à John C. Reilly, à l’origine de l’aventure. Quant à Audiard, s’il garde son style, il l’adapte parfaitement à ce western, en lui donnant une chaleur humaine inhabituelle….Alors,un conseil d’ami: allez-y!
Élégance et style
Nous faisons partie de ceux qui ont toujours aimé Emmanuel Mouret et son style léger et quasi rohmérien. Aussi, naturellement, avons-nous été enchanté par son très beau film, Mademoiselle de Joncquières où il reprend une nouvelle de Diderot, Jacques le fataliste et son maître, déjà adaptée en son temps par Robert Bresson sous le titre Les dames du bois de Boulogne, un chef d’œuvre. Ici Mouret replace l’histoire à son époque,le XVIIIème siècle et nous offre un film d’une beauté à couper le souffle: photo magique, rythme qui va croissant et interprètes inspirés, avec une mention très spéciale à Edouard Baer qui revêt, avec élégance et un peu de cynisme, son habit de marquis des Arcis. Il est entouré de très belle dames comme Cécile de France et Alice Isaaz dont on reparlera à coup sûr .
Burning burn out
Certaines œuvres ont besoin de temps pour faire leur chemin et Burning en fait partie…L’histoire est simple: un jeune garçon, timide et renfermé, retrouve une jeune fille qu’il a un peu connue jadis…Coup de foudre. Mais la demoiselle part en Afrique et revient, accompagnée d’un homme extrêmement séduisant. Des rencontres à trois ont lieu, qui rappellent parfois Jules et Jim, puis la jeune fille disparaît…Ce qui semblait un peu longuet et convenu, apparaît nécessaire quand le jeune homme recherche fébrilement la demoiselle, en se heurtant à l’ironie chaleureuse de l’homme élégant et riche. Et tout bascule dans un drame que l’on sent venir, tout en étant pris par l’atmosphère quasi-sadienne de cette oeuvre pas comme les autres. La mise en scène est totalement maîtrisée et passe d’une sorte de réalisme à une frénésie que l’auteur,Lee Chan-Dong, sait faire surgir de l’écran…. Il est vrai qu’il n’en est pas à son coup d’essai et Poetry nous avait subjugué de la même manière.. Bon cinéma à tous les lecteurs de 7 Jours à Clermont.
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