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Sale temps à l'Hôtel El Royale- photo D.R.
Chroniques

Coup de gueule et bonne soirée à l’Hôtel El Royale

Les frères Coen sont réduits à la télévision, Woody Allen ne trouve pas de distributeur et En Liberté! nous est infligé... Les cinéphiles vont-ils être obligés d'enfiler un gilet jaune.? Heureusement, il reste un film de Drew Goddard pour détendre l'atmosphère à l'approche de Noël.

Pour commencer  cette chronique, je me dois de pousser un coup de gueule car nous ne verrons pas en salles le dernier film des frères Coen :  La ballade de Buster Scruggs  que les cinéphiles attendaient avec impatience. Il ne sera visible que sur Netflix et, par conséquent, sur les écrans de  nos postes de télévision, moyennant un abonnement qui est imposé aux fans des fameux brothers. Les raisons de cette mauvaise action sont multiples et ne concernent pas seulement ce film. Le dernier Woody, A rainy day in New York, ne trouve pas de distributeur et personne ne sait quand les fidèles du génial myope auront le privilège de voir son film. Pour nous, cinéphiles attachés aux projections en salles, c’est une atteinte grave au 7ème Art et je ne peux résister au plaisir de citer, de mémoire, Jean-Luc Godard : « La télévision est au cinéma,ce qu’une reproduction est à un tableau de maître ».

Publicité mensongère

En liberté! – photo D.R.

Fermons le ban. Car des films nombreux sont proposés au cinéma, dont la qualité ne parait pas être le souci majeur. Et même si les critiques passent la brosse à reluire à propos du dernier Salvadori, En liberté!, et garantissent  au spectateur une « cascade de rires ». En fait, le principal défaut de ce film est qu’il ne répond absolument pas à cette publicité mensongère. De rires, point. Que voit-on? Un scénario confus qui mêle maladroitement plusieurs pistes, des interprètes qui ont l’air égarés dans une histoire qu’ils ne maîtrisent pas (Pauvres Pio Marmai et Adèle Haenel) et une mise en scène qui se veut nerveuse et plonge le spectateur dans un ennui dont il ne sortira qu’en fin de spectacle. Seul Vincent Elbaz tire son épingle du jeu mais il n’est à l’écran que durant quelques minutes. Ouf.

L’art de Goddard

Par bonheur, nous nous sommes régalés à la vision de  Sale temps à l’hôtel El Royale de Drew Goddard, sorti un peu à la sauvette dans un grand cinéma de notre ville. En voici le synopsis: en 1969 sept personnages se retrouvent dans un hôtel bizarre, à cheval sur deux états américains. Un prêtre, une chanteuse de soul, un voyageur de commerce, une hippie et sa sœur, un homme bizarre et le gérant de l’hôtel…Au cours d’une nuit très animée, ils auront tous une chance de se racheter…Avant de prendre un aller simple pour l’enfer. Tout d’abord la mise en scène est magnifique: travellings inspirés, plans séquences orchestrés et flashbacks astucieux qui ne rompent jamais la compréhension d’une histoire abracadabrantesque. Goddard, avec deux d, se révèle ici un auteur complet. Il signe aussi le scénario très malin qu’il sait illustrer de main de maître. L’interprétation est au top avec un Jeff Bridges épatant en faux prêtre, Cynthia Erivo qui illumine le film par sa belle présence et sa voix magnifique et tous les autres qui livrent une mémorable prestation. Bref un régal à s’offrir pour passer de bonnes fêtes.

Un petit mot pour le dernier opus de la franchise « Millenium » (Ce qui ne me tue pas) de Fede Alvarez qui reprend les thèmes généraux des épisodes précédents, sans les faire oublier.

Il me reste le plaisir de vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année et de vous remercier pour l’attention amicale que vous prêtez à cette chronique.

 

À propos de l'auteur

Roger Herzhaft

Roger Herzhaft

Né à Strasbourg, il a exercé la profession d'opticien, passionné depuis toujours par le 7ème Art. Arrivé à Clermont-Ferrand en 1992, il fonde alors le "Cercle des Amis du cinéma" qu'il dirigera jusqu'en 2016,en tant que président. A animé ‌des émissions de télé et radio sur Clermont-Première, Radio Nostalgie et Radio France Bleu Pays d'Auvergne. Il aime en particulier le Western, Hitchcock, Truffaut, Steven Spielberg.

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