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Thomas Radev Photo 7 Jours à Clermont
Thomas Radev Photo / 7 Jours à Clermont
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Thomas Radev, chef d’orchestre du ClerMUN 2026

Cette semaine, 150 élèves de l'ensemble scolaire international Massillon & Ecole Bilingue Internationale de Clermont, se sont mis au diapason de l'ONU à l'occasion de la tenue du ClerMUN 2026, sur le thème "Façonner demain ".

Cent cinquante élèves de l’Ensemble scolaire international Massillon & École Bilingue Internationale de Clermont, ont pris possession de l’Hôtel de région pour organiser, cette semaine, le ClerMUN 2026 sur le thème : “Façonner demain”. Un MUN, comme Model United Nations, est une sorte de jeu de rôle, “un rassemblement de jeunes, entièrement organisé par des jeunes”, qui prend une forme identique à celle d’une conférence intergouvernementale de l’ONU. Le but est de sensibiliser la jeunesse aux grands enjeux du monde, aux relations internationales et à la diplomatie, en abordant des sujets d’actualité. À l’issue d’un MUN, les solutions proposées durant les rencontres remontent à l’ONU. Pour l’édition 2026 du ClerMUN, Thomas Radev, 17 ans, élève de terminale, a été désigné secrétaire général. Nous l’avons rencontré pour une interview à chaud, à l’issue de la cérémonie d’ouverture.

“il faut un chef d’orchestre”

En quoi consiste la mission de Secrétaire général du ClerMUN ?
Un secrétaire général, je dirais que c’est le chef d’orchestre du projet, pour lier à la fois toutes les équipes d’organisation qui travaillent et toutes les équipes de formation. Pour lier ces deux mondes, il faut un chef d’orchestre et c’est le secrétaire général qui occupe ce rôle de médiateur et d’organisateur entre toutes ces différentes équipes.

Tenir ce rôle c’est avoir de la pression sur les épaules ?
Oui, c’est de la pression parce que c’est vers moi qu’on se tourne quand on ne sait pas ce qu’on fait, quand on ne sait pas quoi dire, quoi répondre, quoi faire. Donc oui, c’est une pression et c’est aussi l’exposition du secrétaire général dans les médias. Donc, oui, c’est vrai que c’est une certaine pression.

150 personnes impliquées dans le ClerMUN 2026

Si l’on parle chiffres, que représente ClerMUN cette année ?
Alors, en tout, ça représente, sur cette semaine du 3 au 6 novembre, 150 personnes qui sont impliquées, en grande majorité des élèves, qui sont à la fois des élèves d’autres lycées que l’on accueille et toutes nos équipes d’organisation qui s’occupent de faire naître ce projet. Ça c’est pendant la conférence, on est à peu près 150 et le ClerMUN tout au long de l’année, ce sont des entraînements qu’on fait tous les mois au lycée Massillon où on arrive à réunir à peu près 50 délégués, donc 50 personnes qui représentent un pays et au moins une vingtaine de membres de l’organisation.

ClerMUN a une dimension internationale, d’où viennent les participants ?
De loin mais moins que les autres années. Le plus loin, c’est l’Inde. On a des représentants de l’Inde présents, on a des élèves du lycée Ferney-Voltaire à proximité de Genève et des élèves de Lyon. Voilà, pour cette année, sinon en général, on arrive à avoir des délégations de Turquie, de Bulgarie ou de Croatie.

Comment se fait le choix des intervenants ? Quels sont les critères ?
Nous avons deux critères. Déjà, on essaie d’avoir des experts qui viennent de l’ONU et aussi des experts qui viennent d’entreprises ou d’organisations locales pour vraiment avoir aussi un ancrage et un maillage à l’échelle de l’Auvergne et à l’échelle de Clermont. On cherche des experts qui sont en lien avec les problématiques que l’on traite. Donc cette année pour l’Organisation mondiale de la santé, on a des docteurs et une représentante du ministère des Affaires étrangères, qui s’occupe justement de ces sujets-là. Et on a aussi pour nos comités pour l’IA, des experts qui sont justement dans ces thèmes-là et qui travaillent, comme par exemple chez Michelin.

Des solutions tangibles et efficaces

Le grand thème du ClerMUN 2026 est “préparer l’avenir”. Quand on est encore dans le milieu scolaire, aux portes de la faculté, quel regard porte-t-on sur le monde actuel et quels sont les débats que vous aviez envie de lancer ?
Alors, nous, on a envie au maximum de lancer des débats qui sont proches de la réalité. On voit la réalité partout dans les médias, dans les journaux autour de nous et on voit aussi toutes les personnes qui nous découragent et qui s’avouent comme déjà vaincues. Et nous, on veut des débats et des solutions qui soient les plus proches de la réalité possible et qui soient efficaces et faisables. On n’est pas là pour imaginer des solutions utopiques ou de grandes idées qu’on aimerait appliquer, mais pour vraiment mettre à disposition des solutions qui sont tangibles et qui sont efficaces.

Quelles sont les grandes problématiques du monde aujourd’hui pour les gens de votre génération ?
Pour les gens de ma génération, il y en a de nombreuses : déjà les guerres, c’est sûr que c’est quelque chose qui nous affecte beaucoup et aussi toute l’incertitude au niveau de l’avenir. En fait, tout se cumule, que ce soit le climat ou les guerres… nous nous intéressons beaucoup à l’actualité, mais aussi à l’arrière, on ne regarde pas que les grands titres. On voit que par exemple au niveau du climat, alors qu’on devait être à moins de 2 degrés, on est bien loin de ces objectifs-là. Donc nous, on voit cette réalité, qui est froide, qui est dure et on essaie de tout faire pour la changer.

La question de l’IA est grandement débattue durant le ClerMUN, c’est quelque chose qui vous préoccupe ?
Alors, moi, ça ne me préoccupe pas. Je pense que c’est une opportunité comme le disait Jean-Vianney Chiron lors de notre cérémonie d’ouverture. L’IA, c’est une opportunité si on sait en avoir les responsabilités, si on sait la garder sous contrôle et en Europe, on arrive à le faire. Donc pour moi, c’est vraiment une opportunité de se développer et de continuer à développer de nouvelles technologies et à innover.

Un avenir possible

On a parfois l’impression que la jeunesse est angoissée face à l’avenir. Au poste de secrétaire général, voyez-vous au contraire de l’espoir grâce à une génération qui sait aussi réfléchir ?
Bien sûr, moi, je suis convaincu et tous les élèves qui sont avec moi sont complètement convaincus qu’il y a des solutions, il y a un avenir qui est possible, que malgré tout ce qui se passe, toutes les spéculations, les grands titres alarmants, on est persuadés qu’il y a des solutions et on est là justamente pour y réfléchir et pour essayer d’en proposer certaines.

Au ClerMUN, on voit des jeunes qui montrent une forte motivation pendant que d’autres manifestent pour défendre leurs conditions de lycéen…
Alors, tous les jeunes qui sont au ClerMUN sont des gens qui ont choisi de donner leur temps, un temps énorme, après les cours qui sont épuisants et de longues journées, justement pour travailler à des solutions. Donc après, chacun a ses opinions sur ce qui se passe actuellement, sur l’actualité, mais au moins, une chose est sûre et je peux l’affirmer, c’est qu’ils sont tous prêts à travailler et à changer les choses de manière intelligente et de manière réfléchie.

Est-ce que la condition de lycéen aujourd’hui est aussi difficile que ce que l’on entend ?
Alors, je ne pourrais pas parler pour tous les lycéens. Nous, on est au lycée Massillon, donc un lycée privé où on a des conditions qui sont plutôt bonnes. On a de très bons locaux, un établissement qui est vraiment bien entretenu. Donc, on ne peut pas se plaindre. On comprend aussi qu’il y en a certains qui sont allés manifester, mais chez nous, on ne se plaint pas.

Cette semaine on a vu passer l’idée de la suppression du financement par l’État de l’enseignement privé. Est-ce que, selon vous, c’est une bonne idée ?
Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Quand on dit ça, on ne comprend pas trop parce qu’on est des élèves comme les autres et nous, ce sont nos parents qui ont choisi cet établissement pour certaines raisons qui leur sont propres et qui sont, à mon avis, justifiées. Donc, ça ne serait pas une bonne idée, cela entraînerait en fait des prix d’inscription qui seraient énormes pour les écoles privées.

Une expérience personnelle

Dernières questions, plus personnelles. Quand on endosse le costume de secrétaire général, est-ce qu’on change ? Est-ce qu’on se sent plus responsable ?
Alors, d’une certaine manière oui, on sait qu’on a une responsabilité. Quand on est secrétaire général, quand on est désigné pour cette fonction, on sait que derrière nous, il y a un projet, qu’à côté du logo et du projet, il y a notre visage, notre nom. Et donc ça, ça met une certaine pression, mais ça oblige aussi à être responsable, à réfléchir sur nos actions et à essayer d’incarner justamente ce projet, d’incarner ses valeurs pour qu’elles soient diffusées. Le secrétaire général est aussi une forme d’exemple pour des élèves qui sont en troisième, en seconde, qui voient vers quoi ils peuvent aspirer. Et donc ça oblige justement à une certaine responsabilité.

Gagne-t-on en maturité quand on est secrétaire général ?
Sûrement. On gagne en maturité parce qu’on doit gérer des choses que peut-être certains adultes n’ont jamais eu à gérer, et en plus très jeune. Donc oui, oui, c’est certain.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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