Philippe Thivat : Clémentine, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Clémentine Torrez : Je viens du Nord de la France, plus précisément de la ville d’Armentières. Par la suite, j’ai déménagé en Bretagne pendant 2 ans, avant de venir m’installer sur Clermont-Ferrand.
« Le dispositif ECAFIP m’aide beaucoup »
Pouvez-vous nous expliquer ce que vous vivez au quotidien ?
Je suis en situation de vulnérabilité psychique. J’ai de l’anxiété très forte, qui se manifeste surtout dans la relation avec les autres. Celle-ci est altérée, et prend de l’ampleur lorsque je suis dehors. Quand je suis chez moi, c’est un peu plus calme. Je sors plus précisément pour mes rendez- vous. J’arrive quand même, à aller me promener au calme, voir les montagnes, et visiter les petits villages. La région, ici est superbe avec pas mal de relief, et différentes couleurs. Même si je sors peu, je trouve que la population est très gentille. Sinon lorsque je suis chez moi, je m’occupe beaucoup en écrivant, ou en jouant aux jeux vidéo. Je trouve refuge dans la poésie.
Vous avez intégré depuis plus d’un an, le dispositif ECAFIP (Equipe de coordination et d’accompagnement à la formation et à l’insertion professionnelle) pour les personnes de 15 à 30 ans. En quoi cela vous aide-t-il ?
Le dispositif ECAFIP pour les personnes en situation de vulnérabilité psychique, aide à se remettre dans le bain au niveau du travail, et aussi dans le domaine de la santé. ECAFIP, m’aide beaucoup dans les rendez- vous médicaux. Pour le travail, c’est encore trop tôt pour moi. Cependant, j’ai pu travailler à l’aide de médiations d’ateliers d’écriture, sur mes centres d’intérêts. J’ai écrit des poèmes, et je me suis exercée aussi à des articles de presses (interviews et portraits). J’ai trouvé cette manière d’écrire très intéressante. C’est différent de la poésie, mais très riche également.
« J’avais besoin d’écrire ce que je ressentais »
Philippe Thivat : À quand remonte votre passion pour l’écriture, et la poésie ?
Clémentine Torrez : J’écris depuis que je suis au collège, car ces années ont été compliquées pour moi. Je ne savais plus à qui parler ; j’ai donc décidé d’écrire pour moi. Il fallait que j’extériorise, ce que je ressentais. Je trouve l’inspiration dans mon vécu, sur la santé mentale. Je m’autorise aussi à écrire sur les choses qui m’entourent, comme les paysages, la vie des autres que je côtoie un peu. Normalement, j’écris tous les jours, sauf quand l’inspiration n’est pas présente.
Quel serait votre projet à court ou moyen terme ?
J’arrive à partager ma poésie sur les réseaux sociaux, mais j’aimerais bien me faire connaître par d’autres moyens, pour toucher plus de monde. J’ai commencé à créer un recueil avec plein de poésies, dans le cas où un éditeur serait intéressé par mon travail.
Poésie : Les Masques par Clémentine Torrez
Sous les masques que j’ai portés
se cachent des silences immenses,
des fragments de moi dispersés
que le vent emporte sans réponse.
Je marche entre mes doutes,
dans la poussière des souvenirs
espérant qu’un jour une voix
m’appelle enfin par mon vrai nom.
Les miroirs me renvoient mille visages,
parfois tendres, parfois brisés,
et je ne sais plus lequel
ressemble vraiment à mon cœur.
Je creuse au fond de l’ombre
comme on cherche une étincelle
dans une nuit trop longue
pour trouver un peu de lumière,
Et peut-être qu’au bout du chemin
il n’y a pas de vérité unique,
seulement le courage de vivre
avec toutes mes âmes à la fois.

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