Sur le parking du local de l’association Les Bouchons 63 à Riom, un grand camion semi-remorque stationne depuis quelques heures, en attente d’un chargement de bouchons en tous genres. Des rouges, des bleus, des jaunes en plastique, des bouchons en liège, mais aussi des couvercles d’emballages eux aussi en plastiques. Sur le côté de la semi débâchée, un grand échafaudage a été installé pour permettre le chargement de la précieuse marchandise. Nadège Collin présidente de l’association caritative, observe le ballet de tous les bénévoles venus prêter main forte. Une chaîne humaine permet de faire monter les sacs de 10 kg pour qu’ils soient déversés en vrac. L’exercice est bien rodé et il faut à peine une heure trente pour un chargement « ras la gueule ». Le chauffeur n’a plus qu’a re-bâcher avant de prendre la route. « Ils partent chez un recycleur à Langres dans la Haute-Marne. Avant, ils partaient en Belgique maintenant ils sont traités en France » annonce la présidente qui estime que le chargement fera entre 11 et 12 tonnes. « C’est le deuxième camion cette année. En général, on en fait entre deux et trois chaque année. Ces bouchons sont revendus à un recycleur et l’argent récolté est mutualisé par l’association Cœur 2 Bouchons qui chapeaute 17 associations locales dont nous faisons partie ».
Près de 230 tonnes récoltées depuis 2018
« L’argent récolté est intégralement utilisé pour aider des personnes en situation de handicap » explique Nadège Collin « Les personnes font des demandes en montant des dossiers. Nous intervenons une fois que toutes les aides légales, Sécu, mutuelles, NDPH (ndlr Maison Départementale pour les Personnes Handicapées) sont accordées ou non. Nous intervenons en fonction du reste à charge par contre, il ne faut pas que le matériel soit déjà acquis ou installé, car Cœur 2 Bouchons règle directement les fournisseurs ». Pour la trentaine de bénévoles de Bouchons 63, majoritairement des personnes retraitées, l’important n’est pas de faire de la comptabilité mais d’être actif. La présidente élue depuis deux ans, ne sait d’ailleurs pas exactement quelle est la contribution de son association au niveau national. Cela dépend des tonnages annuels récoltés et du prix du plastique qui fluctue en permanence. Depuis 2018, année de création de l’association puydômoise, ce sont près de 230 tonnes qui ont été récoltées et plus de trente dossiers qui ont pu être financés. Ainsi des personnes handicapées ont pu bénéficier de fauteuils roulant électrifiés ou non, d’aménagements de véhicules, de rampes d’accès… Un fauteuil de compétition de rugby fauteuil et une lame de course pour des compétions de para athlétisme ont également pu être financés. Le total de toutes ces aides dépassent 40 000 euros.

« 99% des bouchons ou des couvercles sont éligibles »
Depuis quelques temps la quantité de bouchons récoltée est en baisse. La raison est à chercher du côté de la réglementation qui impose, pour des raisons écologiques, que les bouchons soient désormais attachés aux bouteilles afin d’éviter leur dispersion dans la nature. Cela a un impact certain car les consommateurs peinent à les arracher des bouteilles. Ils peuvent les couper mais n’ont pas toujours une paire de ciseaux sous la main. Ce qu’il faut savoir ce que Les Bouchons 63 ne récupère pas que les bouchons de bouteilles en plastique ou en liège. « Nous disons aux personnes : ne vous posez pas de questions… couvercles et bouchons plastiques… vous déposez ! » explique Nadège Collin. « 99% des bouchons ou des couvercles sont éligibles. Notre travail c’est de trier car les bouchons doivent partir sans papier ni métal. Certains sont bons immédiatement, d’autres doivent être « grattés ». Des bénévoles viennent 2 fois par semaine pour ôter les étiquettes, enlever le métal des bouchons de vaporisateurs ou d’emballages de médicaments par exemple. » Si l’on peut apporter les bouchons directement au local de l’association, il est aussi possible de les déposer dans les grandes surfaces à Clermont, Riom, Aubière, Cournon…
Les Bouchons 63 font beaucoup de pédagogie pour sensibiliser les scolaires à faire un petit geste pour une noble cause. « On a de plus en plus d’écoles, de collèges et de lycées qui aident à collecter, mais on a aussi le CHU qui nous en apporte par palette, des laboratoires comme Gen-Bio, des mairies… » précise la présidente qui manifestement à le compas dans l’œil. Arrivé à Langres, le camion a été pesé. Verdict 11,640 tonnes ont quitté le local de Bouchons 63 dans lequel les sacs vont de nouveau s’accumuler… jusqu’au prochain camion.












Bravo pour cette très bonne initiative !!!