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« Et mon pascal ! » L’éternité du grand Blaise se niche aussi dans cette truculente revendication financière de petite vertu redescendant l’escalier d’un bordel à l’accent parigot-argot !
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… Et Blaise créa la T2C

Le 8 juillet 2017, à 17 h 35, l’AFP annonce que François, le premier pape jésuite, vient de confier au journal La Repubblica une « conviction personnelle positive » pour le moins volcanique enfaveur de la béatification du premier des pourfendeurs des jésuites, un certain Blaise Pascal, par ailleurs génie de l’humanité et natif de Clermont-Ferrand.

La maison de Pascal fut détruite.

Que l’Argentin en blanc ait fait de la pauvreté le pivot de son pontificat répond aux « trois ordres » selon Pascal, mondain converti à un catholicisme d’une ascèse janséniste : « corps, esprit [et] charité »… En foi de quoi, quelques mois avant sa mort, Blaise investit et s’investit dans la première entreprise européenne de transports en commun, les « carrosses à 5 sols ». Il en rédige lui-même les affiches qui, placardées dans Paris, alertent sur « l’établissement dans la ville et ses faubourgs de carrosses publics destinés aux petites gens afin de leur procurer les mêmes commodités qu’aux riches ». Sa sœur aînée, Gilberte Périer, écrit « qu’il vouloit demander mille francs par avance […] pour envoyer aux pauvres de Blois. » Un actionnaire qui privilégie le social aux dividendes, n’est-ce pas un pur exemple de charité chrétienne ?

Sur les cinq routes (lignes) fixes ouvertes à partir du 18 mars 1662, quatre s’arrêtent ou ont leur terminus au Luxembourg – près du domicile de Blaise Pascal ! – tandis que l’une, circulaire, est dite du tour de Paris. Les « chauffeurs », des laquais et cochers en livrées bleues, sillonnent la capitale « tous les demi-quarts d’heure du jour, même aux heures du dîner » en carriolant d’aucun à huit passagers. Pourtant, l’engouement populaire initial se ternit vite car si les lettres patentes de Louis XIV du 19 janvier 1662 ne prévoient aucune restriction d’accès, les « bobos » du Parlement de Paris n’acceptent de les enregistrer que si « soldats, pages, laquais et autres gens de bras » sont exclus des carrosses. Pas question de confondre transports en commun et transport du commun !

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Simonet

Anne-Sophie Simonet

Historienne de formation universitaire, Anne-Sophie Simonet arpente depuis des décennies le « petit monde » clermontois de la presse. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, c'est en tant que président de l'association Les Amis du vieux Clermont qu'elle invite à cheminer dans sa ville natale, la plume en bandoulière.

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