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Sécheresse, insécurité, proximité, entreprises en difficulté… La représentante de l’Etat dit vivre une rentrée “plutôt intense” © Emmanuel Thérond
Rencontre Vie publique

Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc: “Le château d’eau Massif central, c’est terminé”

7 Jours à Clermont a rencontré la préfète du Puy-de-Dôme, pour faire le point sur les sujets de rentrée. Voici ce qu’il faut retenir de ce temps d’échanges.
  • Plus de proximité… L’Etat souhaite renforcer sa présence dans les territoires avec l’ouverture de “Maisons France Services”, destinées (en partie) aux habitants coupés du numérique. A terme, il devrait y en avoir une par canton, plus une en itinérance. “Pour ce qui concerne le Puy-de-Dôme, j’ai proposé que sept structures existantes soient labellisées dès cette année. Nous en avons une quinzaine d’autres en projet.” Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc a également évoqué la réforme des Trésoreries. Avec des fermetures à la clé ? Visiblement, ce n’est pas à l’ordre du jour… “Nous sommes dans une vraie concertation. Je m’en porte garante. Il est important d’aller au bout de ce temps d’échanges avant que les décisions soient prises.”

« Une situation de crise extrêmement grave »

  • En attendant la pluie… Le déficit de pluviométrie est de l’ordre de 50 % depuis le début de l’année dans le département. A cause de la sécheresse, les pertes de récoltes agricoles peuvent dépasser les 80 % dans certains secteurs. Plus inquiétant encore, le spectre d’une pénurie d’eau potable est évoqué ici et là… “C’est une situation de crise extrêmement grave et préoccupante” estime la représentante de l’Etat, qui souhaite lancer un nouveau schéma d’accès à l’eau potable et un projet de territoire de gestion de l’eau. “Les entreprises du Puy-de-Dôme ont baissé leur consommation d’eau d’environ 30 % en dix ans. Pour les agriculteurs, la tendance est aussi à la baisse dans des proportions moindres. A l’inverse, la consommation et l’utilisation d’eau potable augmente [chez les particuliers, NDLR] La prise de conscience sociale n’est pas une réalité alors qu’elle est de plus en plus nécessaire. Maintenant, c’est à nous de bouger. Le château d’eau Massif central, c’est terminé.”
  • Saint-Jacques en exemple… Plusieurs “événements” dramatiques sont survenus à la Gauthière ces dernières semaines. Pour assurer la sécurité des habitants, une équipe de CRS a été déployée sur place. La préfète a également demandé à la direction départementale de la sécurité publique d’être attentive à la situation. “Mon souhait, c’est de réussir à la Gauthière ce que – je crois – nous avons réussi à faire à Saint-Jacques, même si tout n’est évidemment jamais parfait” compare-t-elle, précisant que cette amélioration passe par davantage de services publics et d’accès au Droit. Pour la préfète, la mobilisation des bailleurs sociaux, de la Ville, du réseau associatif, de l’Éducation nationale et de la Justice reste évidemment nécessaire.

De la route aux violences conjugales

  • Trop de drames sur la route… La situation reste “très négative” dans le Puy-de-Dôme, avec 34 morts depuis le 1er janvier, soit autant que sur toute l’année 2018. Du jamais vu depuis plus de dix ans… “Un tué sur trois a moins de 24 ans. La vitesse et l’alcool sont présents dans plus de 50 % des accidents mortels.” Face à cette hécatombe, l’Etat a accentué la répression : le nombre de suspensions de permis a grimpé de 25 % par rapport à 2018. “Nous sommes passés de 465 à 567 suspensions pour consommation d’alcool”. Un déploiement de radars tourelles est également en cours. Cinq sont installés à ce jour. “Ils relèvent le même type d’infraction que la dernière génération, à savoir la vitesse dans les deux sens en discriminant poids-lourds et véhicules légers, mais pas plus pour l’instant.”
  • Pour en finir avec les violences conjugales… Un “plan d’actions” départemental sera finalisé avant la fin de l’année. Visiblement, l’augmentation du nombre de places d’hébergement dédiées aux femmes victimes de violences est une priorité pour l’Etat, tout comme l’amélioration de l’accueil dans les commissariats. “Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul intervenant social dans le département. Ce n’est pas assez. Il faudra que ce service-là soit renforcé.”

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Emmanuel Thérond

Emmanuel Thérond

Titulaire d'un Master en Littératures Modernes et Contemporaines, Emmanuel Thérond est journaliste en Auvergne depuis 2004. Il a commencé sa carrière à La Montagne, avant de rejoindre la rédaction d'Info Magazine, où il a travaillé durant 15 ans. Il écrit également pour la presse professionnelle, en particulier Le Moniteur du BTP, dont il assure la correspondance locale. Depuis 2019, il signe dans Le Parisien - Aujourd'hui en France.

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