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Des veneurs tentent de noyer un cerf qui avait essayé d’échapper à ses poursuivants en se jetant dans un étang.
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A tout saigneur tout honneur

Il n’est plus question de chasse de survie aujourd’hui en France. Elle est devenue chasse de loisir. Quoi que l’on en pense, il est au moins une pratique cynégétique qui semble loin de faire l’unanimité parmi la population. La chasse à courre continue pourtant de courir… Avec la bénédiction des pouvoirs en place.

La vénerie, et tout particulièrement la chasse à courre, à cor et à cri, qui consiste, pour un équipage de cavaliers et de chiens, à poursuivre un animal à travers prairies et forêts jusqu’à son complet épuisement et sa mise à mort est, de façon incompréhensible, protégée par tous les gouvernements qui se sont succédé. Le dernier n’est pas en reste… Pourtant un récent sondage fait apparaître que 85 % des Français souhaiteraient la voir disparaître. A de multiples reprises, des parlementaires ont rédigé des propositions de loi dans ce but. Aucune d’entre elles n’a encore été retenue à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.   

Un relent de féodalité…

Il s’agit pourtant d’une pratique parmi les plus violentes et les plus cruelles qui soient. Sur Internet, des vidéos filmées par des opposants, notamment les militants courageux d’AVA Picardie (sur leur site, on peut découvrir de nombreuses vidéos plus éloquentes qu’un discours), montrent, s’il en était encore besoin, à quel point cette forme de chasse est source de problèmes, au-delà de la souffrance causée aux animaux chassés.

La chasse à courre, à cor et à cri, est une survivance de l’ancien régime, comme il en existe encore quelquefois au travers de certaines coutumes dont la plupart sont moins meurtrières. D’après le Collectif pour l’abolition de la chasse à courre (CACC), il y aurait actuellement en France 450 équipages qui se déploient sur 69 départements. Il s’agit d’une chasse très hiérarchisée, avec les veneurs, cavaliers en uniforme, et leurs meutes impressionnantes de plusieurs dizaines de chiens (à noter que les chefs des équipages sont souvent des nobliaux de province), et les suiveurs en 4X4, voire des « manants » à pied, qui participent eux aussi en rabattant l’animal chassé, en indiquant la direction qu’il a prise, bref en assumant les tâches subalternes. Cela vous a un léger relent de féodalité…  

Une pratique bien protégée

Un cerf traqué traverse la route devant ses poursuivants.

En Auvergne, la chasse à courre se porte bien… La forêt de Tronçais, dans le département de l’Allier, est régulièrement foulée par des équipages en grande tenue, ce qui n’est pas du goût de tous les promeneurs, contrairement aux images aseptisées et aux discours lénifiants qui apparaissent sur les sites dédiés et dont la presse, parfois, se fait l’écho.

Il est incompréhensible que, pendant que les pays d’Europe abandonnent les uns après les autres cette pratique, nos gouvernements successifs ne font rien pour y mettre un terme, et même quelquefois, comme le gouvernement actuel au travers d’Emmanuel Macron, vont jusqu’à brosser la vénerie dans le sens du poil. Au point de créer un délit d’entrave

On aurait tendance à rêver d’un groupe local Abolissons la vénerie aujourd’hui… C’est pour quand, le hunt sabotage auvergnat ?

Pour en savoir plus…

Photos Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA)

À propos de l'auteur

Josée Barnérias

Josée Barnérias

A toujours été au plus près de la cause animale. En septembre 2010, a fondé La Griffe, association d'information et d'intervention pour les animaux. Aujourd'hui encore, elle en est la présidente. A travaillé pendant trente années dans la Presse quotidienne régionale. Elle vit à Clermont-Ferrand.

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