Posons la question de l’égalité des chances : Peut-on grandir à Veyre-Monton et se prénommer Kevin sans impact sur sa vie personnelle ? Kevin Fafournoux répond sans ambages oui ! Il n’en veut pas à ses parents, n’a jamais songé à changer de prénom, encore moins à le cacher mais il du développer un sens certain du second degré. Installé à Paris en tant que réalisateur, directeur artistique, et motion designer indépendant, il s’interroge tout de même sur ce phénomène de bashing. Il a réalisé Sauvons les Kevin, film documentaire dynamique et humoristique qui analyse les stéréotypes et clichés autour de ce prénom, entraînant des préjugés et parfois de la discrimination.
Les Kevin sont-ils tous des beaufs adeptes du tuning ?
Si le film prête à sourire avec une séquence mettant en avant des témoignages de gens rencontrés dans la rue pour qui les Kevin sont des beaufs à coupe mulet, des relous qui draguent en boîte de nuit, qui s’éclatent en tunant leur voiture… il pointe aussi les difficultés à assumer ce prénom au quotidien dans une société toujours prête à discriminer. Certains témoignages sont glaçants en particulier celui d’un Kevin qui prétend s’appeler Gabriel lorsque les employés Starbucks lui demandent son prénom. Le réalisateur fait un zoom sur la mode qui a explosé dans les années 90, quand les futurs parents regardaient les films de Kévin Costner, avant qu’Élie Semoun n’invente le personnage de Kevina ou que Éric Zemmour ne s’empare de ce prénom pour dénoncer l’américanisation de la société française. Le réalisateur remonte même l’histoire pour trouver l’origine du prénom du côté de l’Irlande où vivait Kevin de Glendalough, saint catholique et orthodoxe, abbé de Glendalough dans les montagnes de Wicklow.
Aura-t-on un jour un Kevin à la tête de l’État français ? La question reste entière et ce film apporte quelques éléments de réponse, mais on peut aussi se la poser à propos de Régis ou de Jordan…
Sauvons les Kevin : Réalisation Kevin Fafournoux et Alexandre Breton, illustration Virginie Kypriotis, son Mix&Mouse. Diffusion samedi 22 mars 2025 à 22h55 sur Paris Première.











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