Écouter l'article
L'Essentiel
Des techniques modernes, dont l'hydrodémolition, ont été employées pour traiter et remplacer les parties endommagées du béton et de l'acier, tout en soutenant les 14 piliers pendant les interventions.
L'espace environnant a été transformé en espace vert et convivial, favorisant une meilleure infiltration des eaux de pluie, dans le cadre du concept de "ville éponge".
À Clermont, le chantier du viaduc Saint-Jacques est enfin terminé. Cela faisait deux ans, que des travaux indispensables à la pérennité et à la sécurité avaient débuté faisant suite à des investigations techniques, qui en 2019, avaient apporté la conclusion qu’il devenait urgent et indispensable d’intervenir sur la structure même de l’ouvrage qui présentait des fragilités importantes.
Le sel, ennemi du viaduc
En 2016 déjà, le viaduc avait du être fermé pour régler des problèmes d’étanchéité mais aussi pour intervenir sur les joints de dilatation et sur les patins amortisseurs situés entre les piliers et le tablier. Trois ans plus tard, l’étude avait révélé que malgré ce premier chantier, il n’était plus question d’attendre pour intervenir de nouveau sur les corniches et sur les piliers.
Depuis sa mise en service en 1967, le béton armé du viaduc a été régulièrement pollué par des chlorures issus des traitements au sel réalisés lors des épisodes de verglas durant les hivers. Les chlorures ont fini par atteindre et détruire la couche protectrice de l’acier dans certaines zones des piliers et des corniches, provoquant de la corrosion. Cette corrosion, responsable du gonflement des structures conduit in fine, à la fissuration du béton. C’est ce phénomène qui avait fortement fragilisé la structure du viaduc.
La bruyante mais efficace technique de “l’hydrodémolition”
Pour ce chantier des techniques de pointe ont été utilisées afin de nettoyer, traiter ou remplacer, quand cela était nécessaire, des morceaux de la structure en acier et le béton qui l’enchâssait. Les aciers étant passablement endommagés, il a fallu soutenir les 14 piliers du viaduc afin de répartir la charge de l’ouvrage pendant les interventions. Des béquilles métalliques ont du être installées pour soutenir de l’ensemble. Une opération de levage du tablier a permis de traiter les piliers et d’installer un nouveau dispositif de protection de la structure en acier. La projection d’eau à haute pression, nommée « hydrodémolition » a été utilisée, pour curer le béton. Particulièrement bruyante, au grand dam des habitant du quartier Côte-Blatin, cette technique était cependant indispensable pour atteindre le béton sain. Les parties endommagées ou manquante ont ensuite été remplacées par du béton fibré à ultra hautes performances, nettement plus résistant et durable. En plus des piliers, les garde-corps et trottoirs ont également été repris durant le chantier.
La partie basse du viaduc redéfinie
Si l’édifice présente un aspect visuel meilleur mais assez proche de l’origine, son environnement en revanche à beaucoup évolué dans la ligne directrice des travaux clermontois. Les places de stationnement ont été supprimées de la partie basse, redéfinie en espace vert et espace de convivialité. Des arbres et des petits végétaux ont été plantés et du mobilier urbain installé. L’espace apporte désormais un peu fraîcheur et se révèle propice à la vie sociale. Ses sols ont également été désimperméabilisés afin de permettre une meilleure infiltration des eaux de pluie, selon le concept de la “ville éponge” qui se développe un peu partout et qui montre son efficacité lors des épisodes orageux de plus en plus forts.














Commenter