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Ça, c’est la France

L'hymne d'Albanie n'est pas celui d'Andorre. Sauf peut-être au Stade de France. Histoire d'une belle boulette, tellement révélatrice...

La France est championne du monde de football et nul n’est censé l’ignorer. La France est le pays des droits de l’homme et celui des lumières. A-t-on le droit de le contester ? La scène s’est déroulée samedi soir au stade de France, à l’heure où les bleus d’Aimé Jacquet recevaient la modeste équipe d’Albanie lors de la phase qualificative. L’Albanie, sûrement pas un foudre de guerre si l’on se réfère à son classement international.  Et un pays qui n’est distant que de 1400 kilomètres de nos côtes. Trois fois rien…

A comme Albanie, comme Andorre, comme Arménie

C’est l’heure des hymnes. Un moment solennel où les joueurs se mettent au garde à vous…Et là, stupeur et tremblement, fausse notes et cacophonie, en lieu et place de l’hymne albanais, voilà que résonne celui de la petite République d’Andorre. Hymni i Flamurit est resté en rade, porté aux abonnés absents tandis qu’El Gran Carlemany éclate dans le stade avec trois jours d’avance puisque les Andorrans sont les prochains adversaires de l’équipe de France, demain mardi. D’abord surpris puis franchement stupéfaits, les joueurs albanais ne reconnaissent ni les notes du compositeur polonais Cyprian Golembiowski, ni les mots de « leur » poète Aleksander Stavre Drenova : « Rassemblés autour du drapeau/ Avec un désir et un but/ Tous à lui faire serment/ De lier notre foi jurée en vue de la libération. » Il y a franchement de quoi y perdre son ballon.

Un maillot de Griezmann

Après dix minutes de palabre, le match va avoir lieu. Le speaker présente alors ses excuses. Et cette fois, il confond Albanie et…Arménie, histoire de bien enfoncer le clou. A la fin de la soirée, les visiteurs repartiront avec une valise pleine de quatre buts. Direction Tirana… Quant à leur entraîneur Edoardo Roja, il aura droit à un maillot d’Antoine Griezmann, ce qui doit lui faire une belle jambe.

Condescendance et désintérêt

Bien-sûr, il ne s’agit que de deux couacs successifs, d’incidents regrettables qui ne tourneront pas à l’affaire d’état. Mais ce télescopage d’événements est révélateur et symptomatique de l’état d’esprit français, de la condescendance de nos compatriotes et du désintérêt manifestée à l’égard de nos voisins. La France nombriliste et éternelle donneuse de leçons…Ici, on raille volontiers les propos peu amènes et inélégants du président brésilien Jair Bolsonaro sur la première dame de France mais on confond volontiers l’Albanie, l’Arménie et Andorre…Et il n’est pas sûr qu’un tel incident ait pu se produire ailleurs que dans notre beau pays.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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