L'Essentiel
L'enquête révèle également que la majorité des patients ne trouvent pas de soulagement efficace à leurs douleurs, avec seulement un tiers se déclarant soulagé par les traitements, tandis que 90% d'entre eux se tournent vers l'automédication.
Le Professeur Nicolas Authier, président de la fondation, souligne que cette situation constitue une "crise silencieuse" et appelle à une reconnaissance des douleurs chroniques comme une priorité nationale pour améliorer la prise en charge.
À l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la douleur, la Fondation Analgésia implantée au cœur de la Faculté de médecine de Clermont, à publié son premier baromètre de la douleur, suite une enquête réalisée par des chercheurs. Ce baromètre révèle une nette progression des douleurs chroniques sur le territoire français avec un impact sur la vie quotidienne des personnes atteintes. Plus de 50% d’entre elles connaissent des troubles du sommeil, de mémoire et de mobilité auxquels s’ajoutent la fatigue et des symptômes d’anxiété ou de dépression.
Des chiffres à la hausse
Selon le baromètre Analgésia, 42% des adultes français sont touchés par la douleur chronique soit près de 24 millions de personnes. Ce taux n’était que de 31% selon une précédente enquête menée en 2008 sur les douleurs chroniques de plus de 3 mois. Les résultats montrent également une augmentation de l’intensité des douleurs ressenties avec la moitié des patients déclarant des douleurs sévères situées entre 7 et 10 sur l’échèle de 10, pour un niveau moyen de 6.
Les douleurs musculosquelettiques arrivent en tête du palmarès avec 36%, devant les douleurs orofaciales, 33%, abdominales, 15% et les douleurs neuropathiques 12%.
Un manque d’efficacité des traitements révélé
Le Baromètre met en lumière le manque d’efficacité des traitements, avec seulement un tiers des patients déclarant être soulagés. Les deux autres tiers évoquent quant à eux une prise en charge inadaptée et 9 patient sur 10 reconnaissent avoir recours à l’automédication. Les traitements principaux sont majoritairement basés sur les médicaments antalgiques, prescrits dans neuf cas sur dix, avec parfois un recours aux opioïdes.
Face à cette situation que les chercheurs appellent la « crise silencieuse de la douleur en France », le Professeur Nicolas Authier*, président de la Fondation Analgésia, déclare que la publication de ce baromètre doit être considérée comme un appel à l’action pour une prise en charge plus efficace et plus équitable de la douleur en France. Il souhaite d’ailleurs que les douleurs chroniques soient reconnues comme une priorité nationale par le gouvernement compte tenu de leur impact quotidien sur la société.
*Nicolas Authier est médecin psychiatre et pharmacologue, chef des services de médecine de la douleur et de pharmacologie médicale du CHU de Clermont.












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