Dans le secteur clermontois Gare SNCF/Charras, le point de deal, dit de la Visitation, est un spot qui fonctionne très bien pour le narcotrafic. Qui dit achat-vente de drogue dit fatalement nuisances et dangers pour les riverains du quartier souvent exaspérés par la situation et impatients de voir la police et la justice remédier à la situation. Après 6 mois et demi d’un travail discret, appuyé sur 40 autorisations d’écoutes téléphoniques, la police a pu opérer, le 11 mars dernier, une descente en règle qui a conduit à 10 interpellations, de jeunes de 17 à 23 ans, tous de Clermont et du Puy-de-Dôme, à l’exception d’un résident de Saint-Denis. 6 personnes ont été déferrées devant le parquet.
Un point de deal marqué par un « trafic décomplexé »
5 kg d’herbe de cannabis, 11 kg de résine de cannabis, 1,8 kg de cocaïne, 70 cartouches de cigarettes de contrebande, de l’armement et 2 370 euros en liquide ont été saisis, conduisant à ce que l’on appelle un « assèchement » du point de deal. On ne peut pas parler réellement d’un démantèlement car, le trafic peut toujours ressurgir ou se déplacer. Au delà de l’aspect spectaculaire de ce qui a été saisi, Dominique Puechmaille, la procureure de la République évoque un « trafic décomplexé ». Ce point de deal, comme de nombreux autres, était dirigé par un groupe de jeunes de moins de 25 ans qui n’appartiennent pas à des structures du crime organisé et qui sont plus ou moins connus de la police. Pour la procureure, le travail doit maintenant se poursuivre afin de permettre aux enquêteurs de remonter au plus haut d’un système organisé en pyramide.
« Saturer l’espace public de bleu »
On le sait, le ministère de l’Intérieur est particulièrement attentif à la situation liée au narcotrafic aussi bien dans les métropoles que dans les zones plus rurales. Garant de l’autorité de l’État, Joël Mathurin, le préfet du Puy-de-Dôme parle depuis son arrivée dans le département il y a bientôt deux ans de « rétablir l’ordre républicain en luttant contre la volonté d’appropriation territoriale de trafiquants de drogues ». Selon une de ses expressions favorites, il convient de « saturer l’espace public de bleu » ce qui annonce une continuité des opérations du style de celle de la Visitation avec encore plus de harcèlement de la police sur les points de deal et de présence accrue sur la voie publique, le but étant également de faire en sorte que les consommateurs soient désemparés dès que l’offre n’est plus présente sur les sites habituels. Le préfet évoque également la question de la réinsertion en rappelant que la sous-préfecture de Riom travaille activement à la non récidive des trafiquants de 18-25 ans écroués.











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