Accueil » Edito » Dix balles dans la peau…
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Dix balles dans la peau…

Un caïd clermontois abattu rue de l'Aiguillade... L'affaire fait grand bruit et ne doit pas être considérée comme simplement anecdotique...

Son parcours peu reluisant s’est arrêté de manière spectaculaire. Aussi brutalement qu’il avait vécu : dix balles dans la peau. Une fin digne des mafiosos de Cosa Nostra, de la Ndrangheta ou de la Camorra. Le scénario qui ne s’est pas joué dans une rue de Palerme, de Corleone ou de Naples, pas plus que sous un immeuble de la banlieue parisienne mais bel et bien dans une rue des quartiers nord de Clermont.

Itinéraire de délinquant

Abderraouf Baïche n’aura fort heureusement jamais la renommée d’un bandit d’honneur ou de grand chemin comme Jules Bonnot ou Antoine-Victor Mornac. Pas plus qu’il ne passera à la postérité comme les sinistres Toto Riina ou Bernardo Provenzano… Il ne le méritait pas. Son itinéraire de délinquant, agressions au couteau, coups de feu et, bien-sûr, trafic de stupéfiant n’indique rien qui mérite qu’on le considère avec le moindre respect. Et seule, peut-être, sa famille regrettera cet individu qu’il valait mieux éviter de fréquenter sous peine de se retrouver bientôt dans de sales draps.

Le dernier mot

« Ça devait arriver » souligne-t-on dans le quartier où le caïd ne passait plus inaperçu depuis (trop) longtemps. Le règlement de compte commis rue de l’Aiguillade  aura tout au moins le mérite de stopper l’ascension et la dérive de cet énergumène que les courtes peines effectuées en prison n’auront évidemment pas suffi à remettre sur le « droit » chemin.  Là où la justice échoue, les assassins, eux, ont parfois le dernier mot. Le problème est que, généralement, ils ne valent pas mieux que leurs victimes. Hélas, il  suffit rarement d’arracher la mauvaise herbe pour empêcher son foisonnement.

Ni machiavélisme, ni angélisme

L’affaire s’est déroulée à Clermont et non dans un quartier chaud de Marseille, où ce genre d’événement se révèle monnaie courante. Et comme le hasard n’existe pas, elle doit interroger. La question de la sécurité et du respect de la loi dans certains quartiers doit être abordé sans angélisme, ni machiavélisme mais avec vigilance et détermination. Elle est épineuse, explosive, complexe, dangereuse politiquement et se nourrit, ici comme ailleurs, de non-dits, de non fait et d’impuissance. Pourtant rien ne serait pire que de la balayer d’un revers de manche…

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite